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(IVOIRENEWS)- Interview/ Dr Ahua Junior : « Avec l’arrivée des casques bleus, les marges de manœuvres du Président Gbagbo sont réduites » (1ère partie)

IVOIRENEWS : Quelle est l’appréciation générale que vous faites de la situation générale en Côte d’Ivoire à la veille de l’arrivée des casques bleus ?

Dr AHUA JUNIOR : Disons que c’est une situation un peu confuse dans la mesure où il y a beaucoup d’acteurs qui sont sur le terrain et bien entendu derrière les casques bleus.

Il y a tous ceux qui l’ont souhaité, je veux parler de la paire Tévodjré et Seydou Diarra qui à mon avis, veut profiter de cette force onusienne pour arriver à leurs fins, c’est-à-dire l’application de l’accord de Marcoussis.

Il y a aussi sur le terrain, des partis politiques comme le PDCI, le RDR qui veulent profiter de la situation actuelle pour déstabiliser le régime en espérant qu’ils vont obtenir quelque chose en retour sur le plan du pouvoir.

Il y a maintenant le FPI qui se bat pour se maintenir au pouvoir. En somme, il y a beaucoup d’acteurs sur le terrain et qui rendent la situation un tout petit peu confuse, mais ce qu’on voit se dessiner, c’est cette tendance lourde. Je dis bien lourde, parce que pour moi Marcoussis que défend des partis est inapplicable d’où les problèmes que nous aurons à résoudre au cours des prochaines semaines.

IVOIRENEWS : Vous êtes préoccupé, vous l’avez dit dans l’une de vos récentes interventions, par l’arrivée des casques bleus parce que vous estimiez qu’une fois en place, ils vont rétrécir les marges de manœuvres du Président. Les Forces Nouvelles également craignent cette arrivée. Finalement, est-ce que les casques bleus ne gênent pas les deux parties ?

Dr AHUA JUNIOR : Ce que je sais, c’est que du côté de la partie gouvernementale, mon analyse, c’est que l’arrivée des casques bleus ne nous arrange pas dans la mesure où ils viennent pour soutenir non pas le Chef de l’Etat, mais le gouvernement de réconciliation nationale.

De plus, leur mandat est très vaste. Non seulement, ils viennent soutenir le gouvernement, mais la résolution elle-même en dicte le mandat de ce gouvernement là. Un mandat qui s’élargit par rapport à celui prévu par Marcoussis. Et c’est pour ça que je m’oppose à l’arrivée des casques bleus (Ndlr : interview 02 avril) parce que la résolution restreint le pouvoir du Président qui d’ailleurs n’est cité nulle part dans la résolution.

Deuxièmement, les casques viennent avec l’intention de limiter les libertés de manifester, c’est-à-dire suspendre l’article 11 de la constitution. Je trouve cela insupportable qu’une institution extérieure, pour une résolution adoptée par un comité restreint qui d’ailleurs n’a pas le mandat de suspendre la constitution d’un pays, la fasse. Mon inquiétude est réelle et se justifie.

D’autre part, il faut mentionner qu’on nous dit que nous avons 6240 casques bleus et 4000 soldats français qui ne sont pas des casques bleus. A la lecture de la résolution 1528 on se rend compte qu’en fait, les soldats français ont bien le statut de casques bleus. C’est là une subtilité qui est un peu malhonnête parce qu’on nous laisse croire que les français ne sont pas des casques bleus mais en réalité, ils le sont.

Je ne comprends pas bien pourquoi ils l’ont fait de façon subtile parce que nous n’aurions pas accepté ça. Nous avons demandé à ce que les français ne fassent pas partie des casques bleus. Et ils l’ont fait de façon subtile pour aider les français qui ont déclaré très clairement qu’ils n’ont pas les moyens pour soutenir financièrement leurs soldats qui sont en Côte d’Ivoire.

Alors tout ça pour dire que du point de vue de la grande muette, je crois que c’est très difficile de voir comment on pourrait tirer profit de l’arrivée des casques bleus d’autant qu’ils viennent pour faire appliquer les accords de Marcoussis sans conditions comme ils disent. Cela veut dire que notre marge de manœuvre en ce qui concerne les discussions, amendements à faire sera très restants.

Maintenant du côté des rebelles, c’est très difficile à comprendre d’autant plus que les casques bleus ne viennent pas directement pour les désarmer. Puisque c’est indiqué dans leur mandat qu’ils doivent s’inscrire dans le programme du DDR, or le DDR est un processus dilatoire qui fait que le désarmement ne sera pas immédiat.

D’autre part, les rebelles ont perdu leur rapport de force au niveau militaire au profit des FANCI ce qui fait qu’ils n’ont pas intérêt à avoir un affrontement direct avec eux. Alors j’ai l’impression que cela les arrange plus qu’autre chose. Le fait qu’ils s’existent, est-ce que c’est la stratégie, ça je ne puis le dire, mais je comprend difficilement leur position.

IVOIRENEWS : J’aimerais que vous évoquiez les conséquences des manifestations du 25 mars. Et il y a la France qui a saisi la Commission des Droits de l’Homme. Le Président a demandé une enquête internationale.

Dr AHUA JUNIOR : Il faut dire que cette agitation autour de la marche du 25 mars me décourage énormément dans la mesure où on sait tous que cet épiphénomène devient une catastrophe ou une tragédie humaine alors que nous sommes en situation de guerre. Des innocentes personnes qui ont laissé des milliers d’orphelins, des veufs, des veuves, des déplacés de guerre. Et il n’a jamais été question actuellement de faire une enquête interne pour vérifier la gravité des crimes qu’ils ont commis, il n’a jamais été question pour la France de s’ériger contre ces crimes crapuleux, il n’a jamais été question pour Tévodjré et Diarra que les victimes s’inscrivent pour porter plainte.

Et soudainement, il y a le 25 mars. Une marche qui a mal tourné. Une marche interdite, une marche illégale qui émeut tout le monde et qui détourne l’attention du monde vers cet épiphénomène en oubliant qu’on vit dans une crise majeure, qu’il y a des milliers de crimes qui ont été commis et qui sont mis sous l’éteignoir.

Personnellement, je vais me battre de toute les forces, de toutes mes énergies pour que toute la manigance autour du 25 mars ne prenne pas le dessus par rapport à la tragédie dans laquelle les terroristes ont mis la Côte d’Ivoire. C’est donc dire pour moi, le 25 mars est une comédie qui est juste un prétexte pour les ennemis de la Côte d’Ivoire de continuer à déstabiliser le Président Gbagbo qui est la cible de toute cette opération. (A suivre…)

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