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CRISE IVOIRIENNE Gbagbo promet toute la lumière
image.jpg-- Le titre est de la Rédaction --

Mes chers compatriotes, Chers amis de la Côte d'Ivoire, Le 04 avril 2004, en application de la résolution 1528 du Conseil de sécurité, les casques bleus des Nations Unies ont commencé leur déploiement en Côte d'Ivoire. C'est une marque supplémentaire de l'engagement de la communauté Internationale pour la paix dans notre pays. Je voudrais d'abord souhaiter ce soir, au nom du peuple ivoirien, la bienvenue aux soldats de la paix. Ils viennent nous aider à mettre fin à l'état de guerre par le désarmement, à réunifier le pays et à préparer les élections. C'est une étape importante sur la voie de la paix, la voie de la réconciliation nationale et de la reconstruction du pays. C'est pourquoi je tiens à renouveler ici toute notre reconnaissance aux Etats et aux Institutions qui concourent à la mise en place de l'ONUCI : En premier lieu l'Organisation des Nations Unies, son Secrétaire Général, Koffi Annan et tous les Etats membres du conseil de Sécurité. Nos remerciements vont également à l'Organisation Internationale de la Francophonie, à l'Union Européenne, à l'Union Africaine et à notre Organisation sous-régionale, la CEDEAO. Je n'oublie pas la France et tous les Etats qui fourniront des contingents à l'ONUCI. Dans les prochains jours, je vais nommer à mon cabinet un officier de liaison qui, comme son nom l'indique, sera l'intermédiaire entre la Présidence de la République et les soldats de l'ONU. Un officier de police sera également nommé pour être en relation avec les services de police de la force onusienne. Un peu plus tard, un membre de mon cabinet civil sera désigné comme l'interlocuteur de l'ONUCI à la Présidence de la République. Nous allons travailler ensemble. J'entends tout mettre en oeuvre pour assurer le succès de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire et dans la sous-région ouest africaine. Mes chers compatriotes, La présence des forces onusiennes signifie que la Communauté Internationale ne nous abandonne pas à notre sort. Mais c'est à nous-mêmes et à nous d'abord qu'il revient de réunir les conditions de la paix. Car personne ne fera la paix à notre place. C'est à notre volonté commune et à notre engagement ferme à aller de l'avant que le monde jugera de notre capacité à demeurer une nation unie, dans un état stable. C'est pourquoi, après de longues et intenses consultations, j'ai décidé d'inviter à nouveau solennellement, les partis et mouvements qui ont suspendu leur participation au Conseil des ministres, à reprendre le dialogue républicain. Nous devons trouver ensemble, une solution rapide et durable à l'impasse où les événements douloureux de ces derniers jours risques de conduire à nouveau la Côte d'Ivoire. Nous n'avons pas le droit de prolonger les souffrances de notre peuple quand le monde entier vient à notre secours. Je souhaite, de tout coeur, que ces événements qui ont endeuillé le pays et allongé la liste déjà trop longue des morts que nous pleuront depuis le début de cette crise, soient les derniers du genre. Je salue à nouveau la mémoire des personnes tragiquement fauchées par la mort. Je renouvelle ma compassion à tous les blessés et je leur souhaite un prompt rétablissement. Ainsi que je l'ai déjà annoncé, l'Etat prend en charge tous les blessés et apportera une assistance aux familles pour l'organisation des funérailles et pour les sépultures de leurs parents décédés. J'ai demandé, au nom de l'Etat de Côte d'Ivoire, outre les enquêtes qui incombent aux institutions nationales, la mise sur pied d'une commission internationale d'enquête crédible en vue d'établir l'exactitude matérielle des faits ayant entraîné les décès, blessures et dégâts matériels enregistrés, d'identifier les auteurs et de situer les responsabilités à tous les niveaux. La lumière, toute la lumière, sera faite sur ces douloureux événements. Dans l’immédiat nous devons mettre fin et de façon durable, à toutes les formes de violence et d’insécurité, notamment dans les quartiers d’Abidjan. C’est pourquoi, j’ai demandé la constitution de brigades spéciales mixtes de patrouille. Elles sont chargées de veiller à la sécurité des personnes et des biens, d’évaluer et de prévenir les risques de tensions sociales. Je m’emploierai à appuyer, à tous égards, les forces ainsi constituées afin que dans les plus brefs délais les populations, toutes catégories confondues, retrouvent la sérénité, la quiétude et la joie de vivre. C’est ici le lieu d’en appeler à la conscience civique et au sens des responsabilités de chacun des acteurs que nous sommes. Dans le contexte actuel de crise récurrente, le devoir de l’Etat est d’établir et de garantir le lien nécessaire entre, d’une part la sécurité des biens et des personnes, le bien-être pour tous et, de l’autre, l’exercice des droits de l’homme et des libertés publiques. C’est à l’Etat qu’il revient, au premier chef, d’assurer l’ordre public et de réunir les conditions du développement économique et social. Mais, comment l’Etat peut-il se prémunir contre diverses formes de discrimination, concilier la diversité et l’intégration de tous, réaliser la citoyenneté multiculturelle, garder sa cohésion politique et sociale, s’il est constamment fragilisé ? C’est à cette préoccupation majeure que la Nation ivoirienne est appelée à répondre. En attendant ce débat national que je voudrais dépassionné, concret et pragmatique, j’invite le Premier ministre et le gouvernement de réconciliation nationale, à prendre des mesures immédiates, destinées à : - Corriger toutes les formes de dysfonctionnement de l’Etat susceptibles d’engendrer l’insubordination dans l’administration et dans les Forces de défense et de sécurité ; - Rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, par l’application effective du programme de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion sans lequel le redéploiement de l’administration serait un échec ; - Assurer véritablement la sécurité des biens et des personnes avec le concours attendu des forces onusiennes ; - Lutter contre la pauvreté et toutes les formes d’exclusion ; - Garantir, dans le respect des lois de la République, l’exercice des libertés d’opinion et d’expression. Je voudrais rappeler, à cet égard, que le droit de manifester est reconnu à tous. Il traduit le besoin ressenti par chacun d’exprimer ou d’affirmer publiquement ses croyances religieuses, ses convictions politiques ou syndicales. Il ne me viendra donc jamais à l’esprit d’interdire, de façon absolue ou définitive, encore moins de supprimer cette liberté fondamentale à laquelle nous sommes et restons tous attachés. Ce droit est élevé chez nous au rang de liberté constitutionnelle, de la Constitution du 03 novembre 1960 à celle du 1er août 2000. C’est dire qu’il s’agit là d’un droit bénéficiant d’une protection renforcée et ce, de façon constante. Toutefois, le Droit ouvre pour le pouvoir exécutif la possibilité de limiter ou de restreindre les libertés lorsque les nécessités de l’ordre public l’exigent. Il en est ainsi tant en Côte d’Ivoire que dans les autres Etats africains de succession française. Il s’agit là d’une règle que le pays tient du droit français. Les vues ainsi exposées sont suggérées par la Constitution qui pose, en son article 34, pour le président de la République, l’obligation d’assurer la continuité de l’Etat. Ce qui emporte nécessairement des limitations, lorsque le principe de continuité l’exige. Ces vues sont confirmées par la jurisprudence administrative de façon constante et abondante, c’est-à-dire sans rupture dans le temps. On peut citer, à cet égard, deux arrêts célèbres du Conseil d’Etat français dont les principes ont été reçus et consacrés par la Constitution ivoirienne à travers l’article 76 de la Constitution de 1960 ou l’article 133 de la Constitution de 2000 ; il s’agit d’une part, de l’arrêt Félix Houphouêt-Boigny, d’autre part de l’arrêt Bakary Djibo. C’est sur cette base que de 1960 à aujourd’hui des décrets ont été par moments édictés dans le sens de la restriction de la liberté de manifestation, chaque fois que les circonstances le prescrivent. C’est dire, au total qu’il n’y a pas contradiction entre le décret que le gouvernement de réconciliation nationale a été amené à prendre et la Constitution. Une telle situation n’aurait donc jamais dû être interprétée, comme ce fut le cas, et provoquer quelque fissure que ce soit. C’est pourquoi je suis tant soucieux que des solutions rapides soient trouvées pour ramener la paix en Côte d’Ivoire car, l’instabilité engendrée par la crise continue de saper les efforts que la Nation ivoirienne déploie pour lutter contre les inégalités sociales, dont souffrent la plupart de nos concitoyens. Aujourd’hui nous avons une chance historique de retrouver la paix et la sécurité à l’intérieur du pays et à nos frontières, conditions indispensables au développement. Mais nous ne pourrons saisir cette chance que si nous acceptons de nous accorder sur l’essentiel, au nom de l’intérêt supérieur du pays. J’invite donc tous les ministres qui ont suspendu leur participation aux activités du gouvernement à reprendre leurs places respectives. Pour moi, le gouvernement de réconciliation nationale est, par sa composition même, le lieu privilégié pour confronter et rapprocher nos différences de vue, dissiper nos malentendus, pour une bonne application de l’Accord de Linas-Marcoussis. Encore une fois, au-delà de nos différences, que chacun de nous se doit de respecter, et au nom de l’unité de la Nation ivoirienne que j’ai le devoir d’incarner, je vous invite au dialogue, un dialogue que je voudrais républicain, sain, pragmatique et fructueux. Je reste ouvert à toutes les propositions et je demeure entièrement disponible, pour discuter sincèrement de toutes les questions tant de forme que de fond. Mes chers compatriotes, A vous tous, membres des Forces nationales de défense et de sécurité, je vous demande de coopérer sincèrement avec les casques bleus ou forces onusiennes. A présent, que chacun de nous, accepte de s’engager résolument, de consentir le sacrifice minimum nécessaire pour une paix durable dans notre pays. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire ! Je vous remercie.

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