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Les vérités de Ben Soumahoro - quand les temps sont durs,vient le temps des durs
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La dernière interview que M. Mamadou Ben Soumahoro a accordée à ‘’l’Intelligent d’Abidjan’’ avait tenu ses promesses. Le présent entretien qui tourne autour d’une trentaine de questions ne décevra pas. Le député indépendant reste ferme et intransigeant vis-à-vis de M. Ouattara, de M. Seydou Diarra, des rebelles. Il juge Kébé et la Rti.

Avouant ne pas pouvoir traiter le Pdci et M. Bédié, comme il traite ses adversaires et ses ennemis, Big Ben ne se prive cependant pas de dire ses vérités à Bédié.

‘’Advienne que pourra’’ explique-t-il.

Première partie d'une interview à lire et à relire.



Monsieur le député, commençons par une note triste, celle du récent décès de Cecilia Valentin, qui, dit-on, était un peu comme votre fille ?

Oui Cécilia était comme ma fille. Elle a été élue pendant que je présidais le comité Miss Côte d’ivoire. C’était une jeune fille brillante au lycée Mamie Adjoua de Yamoussoukro. Ses camarades se souviennent encore d’elle comme une surdouée et comme une personne conviviale. J’ai connu sa famille pendant le concours et après son élection. Tous les membres du comité adoraient cette jeune fille fragile mais déterminée. Son départ de Côte d’ivoire après son mariage a distendu nos liens avec sa famille au point que c’est par la presse que j’ai été personnellement informé de la triste nouvelle. C’était une Reine et comme beaucoup de Reine elle est partie trop jeune. Les Chinois disent qu’il n’y a pire malheur que celui de survivre à ses propres enfants. J’adresse à sa famille mes condoléances les plus attristées.



Mais l’occasion est belle justement pour jeter un regard sur le comité Miss dirigé par Victor Yapobi …

Certains ont déjà jeté un regard oblique et méchant sur le comité de Victor Yapobi à propos de la mort de Cécilia Valentin en l’accusant de ne rien faire pour l’ancienne reine de la beauté et sa famille, à cette dramatique occasion. Ces critiques sont infondées et injustes parce que Victor Yapobi n’a été mêlé ni de près ni de loin à l’élection de Cécilia Valentin. Il n’était même pas membre du comité Miss Côte d’Ivoire à l’époque. Il n’a donc aucune responsabilité à endosser dans la gestion de cette affaire. On peut tout au plus penser, qu’ayant pris la suite de notre comité pour l’organisation du concours de beauté dans notre pays, il pouvait s’arroger le droit d’intervenir dans l’organisation des obsèques de Cécilia. A part cela je pense que Victor Yapobi s’en sort bien. La rumeur ne l’épargne pas mais c’est normal. Cela tient à la nature de l’entreprise. Trop de sentiments de basse intensité animent les protagonistes et opposent souvent des supposés partenaires et il n’y a jamais assez de moyens. L’Etat et le commun des citoyens ne réagissent que lorsque le concours est terminé souvent avec des graves déficits justifiés. Le comité Miss Côte d’Ivoire mérite notre intérêt et notre soutien avec ou sans Victor Yapobi. Pour l’instant l’homme mène plutôt bien son affaire qui devrait être l’affaire de tous les Ivoiriens.



En Décembre dernier, vous déploriez les lacunes de l’ex équipe de la RTI, aujourd’hui que Kébé Yacouba est à la barre, y’a-t-il évolution ?

Laissons l’ex-équipe de la Rti à ses problèmes. Pour ce qui me concerne, elle ne m’inspire aucune pitié. Ils n’ont récolté que ce qu’ils ont semé. Ce qui me chagrine un peu c’est qu’on ait pu faire de leur départ un problème politique au point de bloquer le fonctionnement de l’Etat pendant plusieurs semaines, alors qu’il suffisait de les renvoyer pour incompétence, concussion et insuffisance de résultats. Pour autant je ne puis affirmer dans l’état actuel de l’organisme, que les choses ont brusquement évolué depuis que Yacouba Kébé est à la tête de la Rti. Il est trop tôt pour juger son action dans sa totalité. Il reste cependant que sa première tâche devra être d’obtenir, de son rebelle de patron Soro Guillaume, que la Rti soit réunifiée pour couvrir l’ensemble du territoire national par un seul signal TV et un seul programme Radio. Sur ce point je suis très pessimiste. Je crois qu’il n’obtiendra rien. L’enjeu est trop important pour les rebelles dont le règne s’est établi sur la division du pays et la contestation du pouvoir de Gbagbo Laurent, de même que celle de l’Autorité de l’Etat. De plus Kébé Yacouba a hérité d’une Rti dont la réforme est l’un de ces produits atypiques de la Côte d’Ivoire démocratique où un demi-dirigisme joint à une demie-liberté sont censés concilier les bienfaits des deux formules et finissent par cumuler leurs défauts. L ‘homme a trop de problèmes à résoudre. Ses prédécesseurs immédiats lui ont laissé trop de pétards à retardement. Il doit donner un coup de pied dans la fourmilière sinon il se fera ‘’bouffer’’ par les problèmes quotidiens au détriment de la production et de la prospective. Comme je le sais homme de caractère et manager efficace, il y a des raisons d’espérer.



Certains ont été surpris de vous savoir durs avec Aboké, et Dahily qui vous fréquentaient et que vous avez aidés souvent…

Qui aime bien châtie bien. Je vous ai souvent dit que la vérité a toujours des relents de cruauté. C’est la vérité qui est cruelle mais non pas celui que la dit.

Jean Paul Dahily me fréquentait jusqu’à son débarquement du secrétariat général de la Rti. Mais je n’ai jamais été assez indulgent pour me laisser fréquenter par Monsieur Aboké. De grâce ne m’affublez pas d’amitiés que ma morale réprouve.



M. le député, on ne vous a ni vu ni entendu au parlement pour la session extraordinaire alors que vous attendiez les lois de Marcoussis au tournant là-bas…

Oui, vous avez raison, je n’ai rien dit ni rien fait à cette session extraordinaire à l’ouverture de laquelle j’ai participé, parce que j’ai déjà tout dit à propos des accords de Linas-marcoussis. La répétition peut lasser l’opinion publique. Tout le monde sait que je suis contre ces accords là. Je continue de penser que la guerre est inévitable ici et maintenant ou un peu plus tard. Devant le mépris des rebelles pour le peuple de Côte d’Ivoire et même pour ces accords qu’ils n’ont jamais lus, parce qu’ils sont analphabètes, ceux qui dirigent ce pays seront bien obligés un jour ou l’autre de prendre leurs responsabilités. Et le plus tôt sera le mieux. Ces rebelles lancent trop de défis à la conscience de ceux qui aiment ce pays pour qu’il ne se passe rien. Oui j’attendais les lois de Marcoussis au tournant. Finalement pour quoi faire. Rien du tout. La loi d’amnistie a été votée sans ma voix, dans les conditions que vous savez. Il fallait faire vite pour que les rebelles désarment. Que s’est-il ensuite passé ? Rien. Les rebelles se sont de surcroît assis à la table du gouvernement de la République en nous faisant un bras d’honneur. On leur a offert des Mercedes neuves pour les amadouer. La paix alors n’avait pas de prix. Ils s’en sont servi pour claquer la porte et rejoindre leur base, leur domaine privé de Bouaké et Korhogo. Ecoutez ! Vous ne voyez pas que les députés ivoiriens ressemblent à des marins qui astiquent les cuivres pendant que le bateau est en train de couler…



Nous sommes maintenant à plus d’une semaine du jeudi noir, croyez-vous vraiment que les marcheurs auraient pu renverser Gbagbo si celui-ci n’avait pas été vigilant ?

Puisque vous posez la question de manière aussi directe je vais vous donner une réponse directe. Non M. Alafé les marcheurs n’auraient pas pu renverser Laurent Gbagbo. Leurs dirigeants rêvaient debouts, ils se faisaient beaucoup d’illusions. Ce qu’ils auraient pu obtenir n’aurait pu être qu’une conflagration générale, une véritable guerre civile. C’est de cela que Gbagbo nous a sauvés en étant vigilant comme le lui commandent la constitution de la République et la Nation tout entière.

Non, les marcheurs n’auraient pas pu renverser Laurent Gbagbo parce qu’au finish ils ne se seraient pas entendus pour le faire. C’est élémentaire. Et Dieu merci le pays est gouverné.



Mais cela aurait été une première dans notre pays, puisque Gbagbo et vous -mêmes avez souvent marché sans déstabiliser le régime en place

Ecoutez quand je vois des leaders politiques s’agiter aujourd’hui à propos de la marche avortée du 25 mars, je ne trouve pas cela drôle. Les marches ont toujours obéi à des règles précises dans cette République. Elles sont précédées toujours d’une demande, mais surtout d’une âpre discussion avec le ministère de l’Intérieur pour l’établissement de l’itinéraire. L’Etat donne alors son accord à la condition supplémentaire que les forces de l’ordre encadrent les marcheurs jusqu’à leur destination. J’oubliais de dire que presque toujours le ministre de l’Intérieur exigeait que les marches se déroulent en dehors des jours ouvrables. Ce sont ceux là mêmes qui imposaient ces ‘’brimades’’ qui n’étaient pas de notre goût, qui avaient décidé de bafouer ces mesures le 25 mars au risque de plonger le pays dans un drame irréparable. Dans un pays normal, les commanditaires de la marche du 25 mars devaient être immédiatement arrêtés et embastillés. La seule marche sans accord sur le parcours conduite par Laurent Gbagbo et les dirigeants de gauche le 18 février 1992 (un jeudi aussi), s’est terminée le jour même à la Maca. Tous les leaders de l’opposition ont été arrêtés et immédiatement enfermés dans la prison civile de Yopougon pendant plus de six mois. Gbagbo Laurent a même échappé à une mort certaine après que son véhicule eût été incendié par des militaires surexcités. De surcroît Gbagbo Laurent était Député à l’Assemblée nationale. Personne n’a voulu en tenir compte. Même Francis Wodié qui n’avait pas participé à la marche et qui était tranquillement assis chez lui en famille, a été arrêté pendant plusieurs heures. Attendez … ! Ce sont ces gens-là qui aujourd’hui osent quitter un gouvernement qu’ils ont eux-mêmes imposé à la nation au nom de la réconciliation, au motif qu’on ne leur permet pas de marcher à la place de la République ?

Allassane Ouattara a-t-il oublié qu’il était le premier des ministres de Félix Houphouët Boigny et que c’est lui qui a donné l’ordre à la troupe de casser du Gbagbo, du Fpi ? Les images et les mots de sa conférence de presse à la Primature, moins d’une heure après l’arrestation de Gbagbo ce jour là, résonnent encore dans la tête de chaque citoyen Ivoirien. Ouattara avait même été félicité par Henri Konan Bédié, alors président de l’Assemblée nationale, en direct à la primature. Quelles leçons ces leaders là peuvent-ils donner à Gbagbo Laurent aujourd’hui et croire que la Côte d’Ivoire va les prendre au sérieux ? Quelle enquête nationale ou internationale ou même paroissiale avait ordonné Ouattara après tous les abus commis par la troupe sur les marcheurs ? Voyez-vous, le principe de l’Etat-République c’est la liberté. Nous le savons tous. Mais dès lors qu’il y a risque de guerre civile, l’Etat change aussitôt de nature. Il devient l’Etat-Puissance. Et l’Etat –Puissance inverse automatiquement l’ordre des facteurs. Son principe prioritaire, c’est l’AUTORITÉ. Gbagbo Laurent qui est historien ne pouvait pas ne pas se souvenir de cela le 25 mars 2004.



Et cette guerre des chiffres, 37 morts, 100 morts, un charnier, 2 charniers ; dans quel camp vous situez-vous ?

La comptabilité des morts n’a aucun sens. A partir du moment où il y a un seul mort le respect de sa mémoire est obligatoire. Peu importe qui est tombé le premier et qui a tué le premier. Ce sont les concepteurs de la circonstance qui sont condamnables. On a assisté à une inflation galopante du nombre des morts. Surtout à l’étranger, venant de leaders politiques dont la spécialité est de prendre la fuite après avoir allumé la mèche meurtrière. 300 morts d’abord, ensuite 500 morts. ça fait très politiquement correct aux yeux de la communauté internationale pour mettre en difficulté un chef d’Etat qui défend l’ordre. C’est une bonne raison pour déclencher une enquête dont le coupable est tout désigné dès le départ.

Ce qui m’étonne c’est qu’il existe encore des Ivoiriens pour suivre les Allassane Ouattara et autres Soro Guillaume qui donnent des ordres et qui se mettent tranquillement à l’abri à Nice ou à Bamako en même temps que leurs mères et leurs enfants.

Voici des gens qui se font attribuer des sobriquets glorieux et vengeurs et qui prennent la fuite dès que leur entreprise diabolique provoque le désordre. Oui je m’étonne que certains Ivoiriens n’aient pas encore compris que Ouattara est un voyou qui ne pense qu’à ses intérêts personnels et qui est prêt à tout pour parvenir à ses fins. Trop de gens ont déjà souffert pour cette cause perdue. Allassane Ouattara ne sera jamais Président de la République de Côte d’Ivoire. Et il le sait. Réveillez-vous chers parents du Nord. Choisissez une autre voie et un autre homme. Cessez de mourir pour un homme qui vous abandonne à la moindre difficulté pour se réfugier dans les douceurs de la Côte d’Azur en France pendant que ses enfants sont en Suisse et aux Etats-Unis. M. Alafé vous me demandez de déterminer mon camp à propos de la comptabilité macabre établie le 25 mars 2004. Je suis dans le camp de la vérité. Je me suis rendu, très probablement le premier, sur la décharge d’Akouédo le jour même où Rfi, annonçait en boucle qu’un charnier gisait sous la décharge publique. La Radio Française annonçait avec une précision diabolique qu’un bulldozer était en train d’achever le travail et qu’il y avait là des traces de terre fraîchement retournée. RFI ajoutait au cours de cette édition du 31 mars à 9h30 et 10h30 que l’endroit suspect était totalement bouclé par l’armée descendue du camp militaire situé en face de la décharge publique. J’ai visité de long en large les lieux, je me suis même rendu au village et alentours devant témoin. Je n’ai rien vu. Absolument rien. Ni cadavres, ni militaires. Alors d’où vient ce genre de rumeurs ?

Qui a intérêt à véhiculer et crédibiliser un si grossier mensonge ? Mon camp est celui des faits réels. La police me dit qu’elle détient 37 corps. Elle est capable de me les montrer. Ceux qui affirment qu’il existe un charnier de 300 ou de 500 cadavres n’ont pas encore donné leurs listes. La commission d’enquête tient une bonne piste, celle de Rfi-mille collines.

Dites-moi est que ceux qui fabriquent ces mensonges et qui veulent s’en servir, se sont seulement demandé combien de morgues existent dans tout le pays ? Est-ce qu’ils se sont demandé de combien de places peuvent disposer ces morgues ?



La commission d’enquête à venir vous rassure-t-elle ?

Bien sûr qu’elle me rassure, sur le principe. Maintenant, faut-il donner un avis avant même la constitution de la commission, le nombre et la qualité de ses membres sa mission et la destination de l’enquête. Et une enquête pour faire quoi ? Pourquoi une enquête pour le 25 mars 2004 et rien pour le 19 septembre 2002.

On se bouscule déjà au portillon pour le 25 mars 2004. Trois commissions sont annoncées :

- celle de Gbagbo Laurent

- la commission parlementaire

- la commission Internationale

Ce trop plein de commissions sur un seul sujet me paraît suspect.



Il est également question d’un tribunal pénal international…

Ha ! Bon ? Je n’en ai jamais entendu parlé pour ces événements. Mais si c’était le cas, qui va-t-on juger ? Ceux qui ont, au vu et au su de la communauté internationale, préparé, organisé, poussé au désordre ou bien ceux qui ont défendu la République et la paix ?



Ces jours-ci, M.Benoît Schaeur, à qui vous aviez porté la contradiction revient, à la charge et prévient contre un génocide, après avoir indiqué que la Côte d’Ivoire était une poudrière identitaire, que lui répondez-vous ?

D’abord il faut que vous sachiez que M. Bernard Schauer est un dictateur aux petits pieds qui refuse la contradiction. Il affectionne les petites salles obscures et les conférences sans envergure pour mieux subjuguer ses admirateurs d’avance acquis à sa triste cause. Cette cause là n’est pas celle des Ivoiriens. On dit qu’il n’est pire folie que de vouloir que les choses survivent à leur raison d’avoir été. Ou bien M. Benoît Schaeur est fou ou bien, il ne sait pas ce qu’est un génocide. Son premier film qu’il remanie constamment (parce qu’il s’aperçoit quand même de temps en temps que ses mensonges sont trop grossiers) a été fait pour récolter des subsides dont il ne rend compte de la gestion à personne, vu qu’il est tout seul dans son organisation. Aux dernières nouvelles il n’a pas encore remboursé les 300 millions que lui a avancés son commanditaire Allassane Ouattara. Invitez M. Benoît Schaeur à Abidjan et il trouvera à qui parler. Il est trop facile de se vautrer dans un fauteuil mœlleux dans un coin de ses deux-pièces cuisine à Bruxelles pour déverser des insanités sur un pays qu’il ne connaît que par des fosses communes et des charniers qui n’existent que dans sa seule imagination. En plus, il tire profit de ce fonds de commerce usé, ‘’le bougre’’ !



Pouvez-vous faire un commentaire sur le dixième anniversaire du génocide rwandais ?

Mon commentaire sur le 10è anniversaire du génocide rwandais est très simple : il faut vraiment détester la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens pour les menacer d’un sort similaire à celui de ce pauvre pays et lui souhaiter ou lui promettre une si dramatique perspective. Oui, oui, il se trouve des apatrides et des Ivoiriens indignes pour comparer notre situation à celle du Rwanda, pour aboutir à la même conclusion que celle de ce pays meurtri. Certains en ont même fait un fonds de commerce avec Benoît Schaeur qu’ils soutiennent financièrement. Il y a ensuite deux remarques que je voudrais faire.

- 1 Les casques bleus viennent de débarquer dans notre pays. Pour certains c’est mauvais signe. Les autres crient Bravo !, espérant que les hommes de Kofi Annan vont enfin nous rendre l’intégrité de notre territoire national en désarmant les rebelles. En ce qui me concerne cette situation me laisse perplexe. Je voudrais bien pouvoir remercier l’Onu et la communauté internationale pour leur contribution à l’effort de la paix dans notre pays, mais je ne connais pas beaucoup d’exemples où l’Onu a réussi à ramener véritablement la paix, sans compter la faute commise au Rwanda avec ce désastreux résultat de 800.000 morts en quelque mois de massacre à la machette. Je crains qu’après ce débarquement de ‘’casque bleus’’ un successeur de Koffi Anan ne vienne dans dix ans nous présenter ses excuses.

Et pour combien de morts à cause des erreurs de Kofi Anan qui en a l’habitude. Cette perspective est effrayante mais elle n’est pas à exclure. Ecoutez le secrétaire général de l’Onu sur le génocide du Rwanda.

‘’Bon ! Je reconnais qu’il y a eu faute, négligence, non assistance à personnes en danger, je demande pardon au nom de la communauté internationale.’’

Voilà, c’est tout ! Le problème est renvoyé à une nébuleuse sans visage et qui est chargée d’assumer. Qu’est-ce qu’on a à faire avec des coupables qui clament leur culpabilité, quand nous n’avons pas fini avec les innocents qui clament leur innocence. J’ai peur de l’Onu. Elle ne me rassure pas. J’ai le sentiment qu’elle me vole une partie ou la totalité de l’indépendance de mon pays, sans me garantir un résultat positif. Je n’ai aucune confiance dans ces gens. Mais le président dit que c’est un mal nécessaire. C’est en lui que les Ivoiriens ont confiance. Alors regardons-le faire et donnons lui notre soutien sans réserve.

- 2 L’autre réflexion que m’inspire le drame rwandais se rapporte à l’usage que l’on a fait de la radio dans l’exécution du génocide. Des animateurs survoltés et partisans ont systématiquement indiqué les cachettes des victimes et désinformé l’opinion nationale et internationale. Radio-Mille-Collines a largement contribué à aggraver et amplifier les tueries. Aujourd’hui dix ans plus tard, l’histoire les a rattrapés et mis en accusation. Dans notre situation Rfi (Radio France Internationale) n’a pas fait dans la dentelle. La radio française a été partisane, elle a intoxiqué, elle a trompé, elle a tronqué l’information quand cela arrangeait le camp qu’elle soutenait et continue de soutenir. Elle a même menti pour faire fuir les habitants de certaines villes au profit des rebelles. De ce fait elle a aggravé le bilan des morts, des massacres et des tueries gratuites. Radio France internationale a semé la haine et renforcé la division entre les enfants de ce pays. RFI a cautionné l’envahissement de notre territoire national par des bandes armées venues de l’extérieur en faisant croire qu’il ne s’agissait que d’une petite lutte pour le pouvoir entre Ivoiriens. RFI doit assumer dès maintenant sa part de responsabilité dans le drame que nous vivons depuis le 19 septembre 2002. Elle ne doit pas attendre 10 ans comme Kofi Anan et l’Onu au Rwanda pour demander pardon aux Ivoiriens et à la Côte d’Ivoire.



Revenons aux affaires ivoiriennes, est-il exact que vous êtes membres du gouvernement parallèle du président Gbagbo et de façon générale que savez-vous de ce gouvernement?

C’est vraiment ce qu’on pourrait appeler les ‘’affaires ivoiriennes.’’ Les Ivoiriens adorent les rumeurs. Ils s’amusent souvent à se faire peur. Je ne sais rien de ce gouvernement parallèle et je n’ai jamais eu le sentiment de faire partie de ce qui n’existe pas. Maintenant, comme dit l’autre quand les temps sont durs, vient le temps des durs. Vous même m’avez rapporté que tout le monde me classe parmi les va-t-en guerres dans ce pays. Quand les temps sont durs, il est facile d’imaginer que je fais partie d’un gouvernement parallèle et imaginaire. "Ça aussi je l’assume. Il vaut mieux faire envie que pitié.



Selon vous, le Dg du Port Autonome d’Abidjan doit-il être débarqué pour calmer la crise ?

Ce qui me fâche dans cette affaire du Port Autonome d’Abidjan et de Marcel Gossio, c’est la tendance de l’opposition à sacraliser le principe du ‘’Ote-toi que je m’y mette’’ en s’appuyant sans vergogne sur les accords de Marcoussis. Patrick Achi est ministre des Infrastructures Economiques de Gbagbo Laurent depuis bien longtemps avant Marcoussis. Pourquoi n’a-t-il pas posé le problème du remplacement de Marcel Gossio ? Bien sûr Marcoussis est la Boîte de pandore qui a laissé s’échapper tous les appétits mauvais et aiguisés contre Gbagbo et la république. Ce que j’aurais souhaité, c’est que le Pdci et Patrick Achi démontrent que Marcel Gossio est incompétent et réclament sa tête sur cette base-là. Or, à l’évidence ce n’est pas le cas. Quant au sujet le plus brûlant de cette affaire, Marcel Gossio reste inattaquable : le terminal des conteneurs de Vridi ne pouvait en aucun cas être cédé à Bolloré sur la seule décision du Dg du Port ni sans information d’une façon ou d’une autre de son ministre de tutelle. De surcroît le président du conseil d’administration du Port Autonome d’Abidjan, M. Ange François Barry Battesti est un opposant membre du Pdci que Laurent Gbagbo n’a pas jugé utile de renvoyer quand il en avait le pouvoir. D’ailleurs votre question est mal posée. La question n’est pas ‘’Faut-il débarquer Marcel Gossio pour calmer la crise’’. La véritable question est : ‘’Est-il nécessaire et utile aujourd’hui de bloquer le fonctionnement du pays et compromettre un début de paix aussi fragile pour caser un vieux cheval de retour comme Lambert Konan Kouassi et quelque comparse dont la gestion a été décriée ailleurs ?’’ Soyons sérieux ! Ces mêmes leaders et ministres étaient à la tête du pays quand le même Bolloré s’est offert la SITAB en chassant de son poste de président, un grand responsable du Pdci Rda M. ATCHINKWASSI KANGAH MICHEL. Que s’est-il passé ? Rien du tout. Quel ministre a quitté le gouvernement pour M. ATCHINKWASSI MICHEL? Aucun. Ces mêmes président et ministres gouvernaient la Côte d’Ivoire quand le même Bolloré a monopolisé le transport maritime en chassant le grec Fountoukos et le propre gendre du Président Félix Houphouët-Boigny, Simplice de Messe Zinsou de ce secteur. Quel président et quel ministre a osé lever le petit doigt ? Aucun. Bolloré a pris la Ran à la hussarde sous nos yeux, avec la complicité du pouvoir de l’époque sans la moindre information du peuple. Je veux être plus clair : on a vendu le chemin de fer Abidjan-Niger à Bolloré qui l’a rebaptisé Sitarail ici devant nous. Qui a quitté le gouvernement ? Personne n’a bronché. Monsieur Bolloré est un homme d’affaires. Il achète ce qu’il peut. La République de Côte d’Ivoire lui vend ce qu’elle veut quand cela l’arrange. Le principe n’a jamais changé. Il est le même sous tous les régimes qui ont géré ce pays. M. Bolloré n’a rien à faire de nos petits problèmes de personnes et d’intérêts mesquins. J’attends du Pdci qu’il démontre que M. Gossio Marcel est un mauvais gestionnaire et que le Port Autonome d’Abidjan est mal administré. Ce qui à l’évidence n’est pas le cas. Alors où est le problème ? Gbagbo Laurent n’a aucun intérêt a débarquer un bon gestionnaire pour régler un mauvais problème politique.

Si Marcoussis, c’est dépecer la pauvre Côte d’Ivoire pour satisfaire des politiciens affamés, je serais toujours opposé à Marcoussis. Gossio Marcel n’ira nulle part. Si M. Achi Patrick est logique avec lui-même il ne lui reste plus qu’une seule sortie : la démission.

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