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Situation socio-politique: Les Ivoiriens des Etats-Unis se prononcent

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L'Inter - lundi 1er mars 2010 - Enrôlement : Une liste pour les Ivoiriens et une autre pour les étrangers Prorogation du délai des candidatures à la présidentielle Désarmement avant les élections Déclaration des Ivoiriens des Etats-Unis sur la situation politique en Côte d’Ivoire:

propositions pour la sortie de crise et la tenue d’élections présidentielles crédibles afin de garantir le retour de la paix et la stabilité.

La Côte d’Ivoire, pays jadis célébré dans la sous-région ouest-africaine et sur le reste du continent pour son leadership dans les domaines de la paix, la stabilité, la qualité de vie et les performances économiques, est depuis dix ans plongée dans la plus grave crise de son histoire. A la fois politique, économique, militaire et morale, la crise ivoirienne est aussi et surtout une tragédie humanitaire avec ses milliers de morts, ses millions de réfugiés et déplacés de guerre, son territoire encore scindé en deux, ses ressources agricoles et naturelles pillées, son harmonie brisée, son unité ravagée par la haine, la méfiance et la suspicion réciproques. En dépit de la multitude des accords de paix signés et paraphés par les belligérants du conflit fratricide ivoirien et malgré le soutien quasi permanent de la Communauté Internationale à notre pays, les déclarations publiques et privées, les non-dits et les manifestations de bonnes intentions, la fin de la crise ivoirienne ne semble pas assurer avec le présent Accord Politique de Ouagadougou, qualifiés de « dialogue direct ». Alors qu’ils étaient prévus pour durer 10 mois, « les accords de Ouaga » sont aujourd’hui dans leur troisième année. Bien que des avancées notables aient été faites, l’essentiel du dénouement de la crise par le désarmement des bras, des cœurs et des esprits, préalable à toute solution véritable, n’a nullement été réalisé. C’est dans ce contexte politique encore flou que le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo a dissous la Commission Electorale Indépendante et son gouvernement. En considération donc de tous ces signaux alarmants, des soulèvements qui ont eu lieu dans le pays causant encore des morts, et craignant une reprise généralisée de la violence sur toute l’étendue du territoire, des Ivoiriens, résidant aux Etats-Unis, ont pris l’initiative de cette déclaration pour faire des propositions concrètes de sortie de crise, à travers des élections crédibles afin que le pays retrouve -enfin- la paix dont le président Houphouët-Boigny disait qu’elle n’est pas un vain mot mais un comportement. I - Accords Politiques de Ouagadougou (APO) Dès le 19 septembre 2002 - début de la rébellion - les autorités ivoiriennes par des voix les plus autorisées n’avaient pas fait mystère de son origine en pointant du doigt le président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré accusé d’être le commanditaire, le support moral et matériel de cette rébellion. Le président Laurent Gbagbo et le président Compaoré avaient même échangé des accusations réciproques. Après quatre ans d’hostilité, la partie ivoirienne se résout enfin à trouver la solution de sortie de crise en entamant des négociations avec le président du Faso qualifiées d’ « Accord Direct ». Quel extraordinaire retournement de situation ? Comment négocier avec celui qui fut hier accusé de tous les maux ? Pourquoi avoir choisi M. Compaoré comme le médiateur et le facilitateur dans cette crise où il est juge et partie à la fois ? Pourquoi avoir perdu tout ce temps avant d’arriver à cette conclusion ? Le peuple ivoirien se souvient encore de tous les accords signés çà et là au lendemain de cette crise, lesquels n’ont encore pas trouvé de solution au drame ivoirien, pour enfin arriver au dernier accord de Ouagadougou. Malgré le contenu de ce dernier accord et l’intervention personnelle du président Blaise Compaoré dans les négociations, comment explique-t-on qu’après trois (3) ans la Côte d’Ivoire ne soit pas encore sortie de l’ornière ? Cet Accord (APO) stipule par ailleurs que les parties conviennent de procéder, dans les meilleurs délais, au désarmement des forces en présence, à l’accélération du processus de regroupement des ex-rebelles sur les 17 sites préalablement localisés à cet effet et au démantèlement des milices. Ils prévoient en outre que les audiences foraines devraient pourvoir de nouveaux titres d’identité les nationaux Ivoiriens et d’un document consulaire les non-Ivoiriens et une Commission Electorale Indépendante qui devrait préparer les conditions d’un processus électoral pour aboutir à la paix définitive dans le pays.

Pourquoi alors les signataires de l’APO se sont-ils éloignés des objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixés pour aboutir à cette tragi-comédie que les politiciens Ivoiriens font vivre à leur peuple ? Quelles sont donc les réelles motivations de ces Accords dits de Paix de Ouagadougou ? Les réponses à toutes ces questions permettront de mieux comprendre les raisons de la persistance de la crise ivoirienne. II - Désarmement effectif des forces irrégulières sur toute l’étendue du territoire national Le désarmement en Côte d’Ivoire, pays miné par la guerre avec ses conséquences que sont les graves violations des droits humains, les crimes économiques impunis, le grand banditisme, et l’absence de la notion d’Etat et de l’esprit républicain au sein des forces armées minées par le tribalisme et le favoritisme, est le préalable à l’organisation de toute élection libre, démocratique et apaisée. Ce qui est cependant surprenant en Côte d’Ivoire, c’est une certaine unanimité au sein de la classe politique, à vouloir aller aux élections présidentielles maintenant pour ensuite permettre au président nouvellement élu de procéder au désarmement des forces irrégulières ; alors que le rapport des Nations Unisq relatif à l’embargo sur les armes en Côte d’Ivoire, publié le 27 octobre 2009 révélait que les rebelles continuaient de s’armer en convoyant leur armement du Burkina Faso en Côte d’Ivoire, tout aussi bien que le gouvernement au Sud. En outre, la classe politique en Côte d’Ivoire fait-elle preuve de sagesse en voulant aller aux élections présidentielles sans avoir obtenu un désarmement minimum des forces irrégulières en présence et s’être assurée du retour des soldats reconnus comme tels en casernes ? A-t-on la preuve que, dès les résultats du premier tour de ces élections, les hostilités entre les deux ex-belligérants ne reprendront pas ? C’est pourquoi nous demandons avec insistance que le désarmement précède les élections dans notre pays. III - Echec des Accords de Ouagadougou Les accords de Ouaga comme indiqué ci-dessus n’ont tenu aucune de leurs promesses. Les rebelles ne sont toujours pas désarmés et cantonnés, au contraire ils continuent de parader dans leur fief au volant de leurs chars de plus en plus nombreux et sophistiqués. Leur nombre va croissant et leurs domaines toujours bien gardés par leurs soldats. Les milices du Sud, même si elles sont moins visibles aujourd’hui, n’en demeurent pas moins une force en réserve. Les élections elles-mêmes ont été moult fois reportées. Le processus électoral censé aboutir à des élections crédibles et transparentes est aujourd’hui entaché d’irrégularités et toute la classe politique ivoirienne doit en assumer la responsabilité. Depuis trois ans donc, les Ivoiriens paient la facture des activités d’hommes politiques qui leur avaient fait la promesse ferme de résoudre en dix mois, les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés. Trois ans après, ces mêmes hommes politiques sont à leurs places sans avoir tenu leurs promesses. Et rien n’indique qu’ils sont près à les tenir. Il faut, par conséquent, avoir le courage de le dire tout net : les Accords Politiques de Ouagadougou ont échoué et leur maintien n’a jusque-là eu d’autres buts que de ménager les intérêts de tous leurs signataires et associés dans les structures complémentaires que sont le Cadre Permanent de Concertation avec son Comité d’Evaluation. Ces structures, faut-il le rappeler, ont un coût de fonctionnement. Avec le report des élections depuis 2005, la facture a elle été, au bas mot, multipliée par trois depuis l’APO. Et comme il n’existe pas de gratuité en la matière et que la facture est toujours payée par quelqu’un, ce sont les populations ivoiriennes, déjà ruinées par ce conflit meurtrier, qui continuent de financer ces extensions, chiffrées à coût de milliards de francs CFA. En l’état actuel de l’application sélective de cet APO, la Côte d’Ivoire se trouve officialisée dans sa partition avec deux armées, deux états-majors, deux administrations fiscales etc. Ainsi résumée, la situation du pays avec les accords de Ouaga, se présente comme suit : • Non-respect d’engagements essentiels signés par les ex-belligérants • Violation de part et d’autre de l’embargo sur les armes imposé par l’ONU • Surarmement des ex-belligérants • Risques de reprise des combats quel que soit le vainqueur des prochaines élections présidentielles. Ce qui consacre de facto l’échec de cet accord du fait de ses propres signataires à cause de l’utilisation qu’ils en font. IV - Indépendance effective et renforcement des moyens d’action de la Commission Electorale Indépendante (CEI) Malgré le scandale de fraude ou de présomption de fraude, la Commission Electorale Indépendante doit être maintenue dans sa forme actuelle avec un(e) nouveau/nouvelle président(e) et des vice-présidents (es) élus (es) par ses membres pour continuer les travaux qui consisteront en la révision effective des listes provisoires, au règlement des cas de la « liste grise de 1.033.000 personnes » et de la fameuse liste des 429.000 autres personnes, ainsi que la reprise de l’enrôlement de nombreux Ivoiriens laissés pour compte lors de la première phase. Bien heureux qu’un nouveau président vient d’être élu à la tête de la CEI comme l’ont annoncé les médias internationaux aujourd’hui (le 25 février 2010). En conséquence, le groupe d’Ivoiriens des Etats-Unis constitué de trois cents participants lance un appel aux Etats-Unis d’Amérique, à la France et aux pays amis pour leur intervention dans la crise ivoirienne pour participer au désarmement effectif de toutes les forces illégales encore existantes dans le pays et réitère tout aussi bien cette demande à toute la classe politique pour que le désarmement précède les élections. Le groupe d’Ivoiriens des Etats-Unis demande le maintien de l’APO parce qu’adossé à la Résolution 1721 de l’ONU (voir la Résolution 1721du 1er Novembre 2006 et l’Accord Politique de Ouagadougou du 4 Mars 2007 ainsi que la dernière Résolution 1911 de l’ONU du 28 Janvier 2010 sur la Côte d’Ivoire), et propose qu’il soit placé sous l’autorité directe du Représentant de l’ONU en Côte d’Ivoire mais réfute son pendant contenu dans la Résolution 1911/2010 du 28 Janvier 2010. Le groupe d’Ivoiriens des Etats-Unis suggère une nouvelle approche dans la résolution de la crise ivoirienne afin d’éviter que ces accords ne conduisent le pays dans une impasse de nature à raviver le conflit armé comme cela semble être le cas en ce moment. Cette approche sera de reprendre les opérations d’enrôlement en ouvrant les deux listes d’Ivoiriens et de non-Ivoiriens comme indiqué dans l’APO en vue de l’établissement des cartes nationales d’identité aux uns et des cartes consulaires aux autres. Le groupe d’Ivoiriens des Etats-Unis demande qu’un comité de supervision de la nouvelle CEI composée de Préfets, Sous-Préfets, de Magistrats et d’Avocats soit mis en place pour contrôler toutes les activités de la CEI et au niveau des régions, de Chefs de villages et d’Elus locaux pour superviser les opérations d’enrôlement en vue d’établir une liste électorale fiable et surtout assurer l’indépendance effective de la CEI vis-à-vis des pouvoirs publics. Le groupe d’Ivoiriens des Etats-Unis propose que le prochain délai pour la tenue des élections présidentielles, bien que tenant compte du désarmement, n’excède pas octobre 2010 car nos populations ont suffisamment souffert et attendent d’être enfin libérées au travers du désarmement et de la prochaine élection présidentielle. Le groupe d’Ivoiriens des Etats-Unis demande en outre la réouverture de la date des dépôts de candidature des élections présidentielles à venir afin que celle-ci respecte le délai légal fixé par les lois de la République. Le groupe d’Ivoiriens des Etats-Unis rappelle enfin que leur action n’est pas de soutenir un parti politique encore moins un candidat, mais notre beau pays la Côte d’Ivoire qui nous a vus naître et son peuple, nos parents, qui souffrent énormément de cette crise. Le groupe d’Ivoiriens des Etats-Unis remercie tous nos compatriotes qui ont par leur effort participé à la réalisation de ce document.

Fait, aux Etats-Unis d’Amérique le 25 février 2010 Pour le Groupe Les Signataires : Mme Gnoan Ange M. Barou Ferdinand M. Doue Benoît M. Gratien Theodore Yao M. Kouakou Joseph


 

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