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Home | E. SPECIALE ELECTIONS | ELECTION PRESIDENTIELLE: 5 millions de cartes d’identité déjà fabriquées

ELECTION PRESIDENTIELLE: 5 millions de cartes d’identité déjà fabriquées

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L'Inter - mardi 16 mars 2010 par Assane NIADA - Des cartes d’identité sont déjà fabriquées. L’information a été glissée par le quotidien « Nord-Sud » dans son édition du samedi 13 mars dernier.

Selon le confrère, la nouvelle a été mal accueillie par Désiré Porquet, le directeur de campagne du candidat Laurent Gbagbo de la commune du Plateau. C’est « un cas de fraude flagrante et un scandale », aurait-il déploré la fabrication de ces cartes à l’occasion d’une tribune d’échanges dont il était l’invité. Ainsi donc des cartes d’identité sont en fabrication alors même que la liste électorale définitive n’est pas encore prête. Des cartes ont-elles été vraiment fabriquées ? Sur quelle base ces cartes sont-elles produites ? Qui a ordonné leur fabrication ? Ce sont autant d’interrogations qui nous ont conduit à creuser davantage. Joint par téléphone pour vérifier l’information, le président de la Commission nationale de supervision de l’identification(Cnsi), le magistrat Yua Koffi, a dit ne pas être informé d’une telle initiative. « Nous n’en sommes pas informés, ni officiellement ni officieusement. Si une telle initiative était envisagée, on aurait dû être informés ; ça ne pouvait pas se passer à notre insu, puisque c’est nous qui sommes chargés de la supervision de tout le processus, de l’identification à la distribution des cartes. », a réagi le patron de la Cnsi. A l’Office national de l’identification (Oni), aucune réaction officielle. Cependant, une source proche de cette institution a indiqué avoir connaissance de l’information. « C’est sur les antennes de France 24 que nous avons appris que Sagem était en train de fabriquer des cartes. Mais pour en savoir davantage, adressez-vous au maître d’ouvrage, c’est-à-dire la Primature », nous a dit notre interlocuteur. Mais l’Oni a-t-elle été associée à la fabrication de ces cartes d’identité ? « Nous ne sommes pas concernés par cette opération. Quand nous avons reçu l’information comme vous, nous avons saisi le maître d’ouvrage ; ils nous ont répondu qu’ils ont fait ça pour gagner du temps », a renchéri notre source. Si les autres structures ci-dessus citées semblent ne pas être très informées sur le sujet, ce n’est pas le cas de la Primature. LAVERITE SUR CES CARTES En l’absence de réaction officielle, un membre du cabinet du Premier ministre, joint par téléphone, a apporté des éclaircissements, sous le couvert de l’anonymat. Selon lui, la décision de fabrication des cartes d’identité n’est pas une initiative solitaire et clandestine, puisqu’elle a été arrêtée de commun accord par les participants au dernier Cadre permanent de concertation (Cpc) tenu le 3 décembre 2009 à Ouagadougou. Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara avaient en effet décidé que les cartes d’identité et même les cartes d’électeur soient produites dès le mois de janvier 2010 et distribuées en février, en se plaçant dans la perspective de la présidentielle initialement prévue à fin février-début mars. Mais ils avaient également précisé que la liste électorale définitive devait avoir été elle aussi produite. « Afin de ne pas retarder le processus électoral, le Cpc recommande qu’en raison de la fiabilité du système, les erreurs matérielles sur les noms des électeurs ne soient pas un obstacle à la participation des détenteurs des cartes d’électeur à l’élection présidentielle. Il reste entendu que des dispositions devront être prises pour que les corrections soient portées sur ces documents, au plus tard quinze jours après le dernier tour de l’élection », est-il indiqué dans le communiqué final. C’est donc cette mesure que l’opérateur technique, chargé de la confection des documents électoraux, est en train de traduire en acte. Le hic cependant, c’est le fait que ces pièces d’identité soient produites alors que la liste électorale définitive reste à peaufiner, or c’est cette liste qui est censée dire qui, des personnes y figurant, a droit à une carte d’identité. Au dire de notre source proche de la Primature, c’est l’Etat de Côte d’Ivoire qui a demandé à Sagem de produire ces cartes, sur la base de la convention qu’elle a passé avec cet opérateur technique et qui porte sur la fabrication de 9 millions de cartes d’identité et d’électeur. Le corps électoral étant estimé à environ 9 millions. A ce jour, nous apprend notre interlocuteur, ce sont près de 5 millions de cartes d’identité qui ont été fabriquées en se fondant sur la liste blanche des personnes croisées positivement et donc supposées être des Ivoiriens. « Aucune de ces cartes fabriquées en France n’a été acheminée sur Abidjan. C’est à l’issue du contentieux en cours que ceux qui vont figurer sur la liste électorale définitive recevront leurs cartes. Les autres cartes restantes seront purement et simplement détruites. Il a été décidé de procéder ainsi pour anticiper et gagner du temps. » , a-t-il souligné. Il reste que l’information semble être encore tenue secrète, alors que la Commission électorale indépendante(Cei) avait été invitée à ce dernier Cpc « à entreprendre une vaste campagne d’explication de cette décision afin qu’elle soit bien comprise par la population ».

 

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Jacques Roger sur 16/03/2010 03:28:42
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enne
Fraude sur la nationalité à Kohourou (Aboisso) - Plus de 700 Burkinabè et Maliens

inscrits sur la liste provisoire La famille de Ahmed Bassam au coeur du scandale-

mardi 16 mars 2010 - Par Le Temps

de CEI C’est désormais chose faite. La liste électorale provisoire, dans sa version papier

vient d’être mise à la disposition de la Commission Electorale par les structures

techniques, à savoir l’Institut National de la Statistique et la Sagem Sécurité. La

cérémonie s’est déroulée dans les locaux du Forum, à proximité de la Direction de l’

Office National de l’Identification ce mardi 10 novembre 2009 en début d’après midi, en

présence de plusieurs personnalités dont les Représentants Spéciaux du Facilitateur,

Boureima Badini et du Secrétaire Général des Nations Unies, Young Choi Le village de Kohourou dans la sous-préfecture d`Aboisso risque de s`embraser dans les

jours à venir, à cause des nombreux cas de fraude sur la nationalité observés dans ce

hameau de plus de 8000 âmes.

Kohourou, bourgade de la sous-préfecture d`Aboisso. En plus des autochtones Agni,

minoritaires, ce campement est devenu aujourd`hui par la force des choses un village. Il

est certes peuplé des populations ivoiriennes mais, il a également des ressortissants

des pays de la Communauté économique des Etats de l`Afrique de l`ouest (Cedeao), à

savoir des Burkinabè, Maliens, Béninois, Togolais, Nigérians et autres Ghanéens. Tous

ont élu domicile dans cette bourgade de plus de 8000 âmes. Ce " campement village "

dispose, d`un groupe scolaire de deux écoles, d`un château d`eau potable, de

l`électrification, d`un centre de santé et est arrosé par le réseau de téléphonie

mobile. Kohourou est aussi " le village " du très célébrissime ex-patron de la société

de ramassage d`ordures ménagères Ash international, Ahmed Traoré Bassam. Il y a

construit un château, qui malheureusement est dans un état de détérioration avancé faute

d’entretien. Tous ces peuples sont venus à la recherche de fortune. Car, le sol est

fertile. En témoigne, les nombreuses plantations villageoises d`Hévéa, de palmier à

huile, de cacao, de café, mais, surtout des plantations industrielles d`hévéa et de

palmier à huile de la Palmci et de la Saph. Si par le passé, ces populations vivaient en

bonne harmonie, ce n`est plus le cas en ce moment. La haine et la méfiance ont pris le

pas sur tout.

La chefferie aux mains des étrangers

Elles se regardent désormais en chiens de faïence. Deux problèmes fondamentaux sont à

l`origine de cette mésentente. Et, si l`on n`y prend garde, cette situation risque

d`exploser dans les mois à venir. L`un a trait à la chefferie du village et l`autre

porte sur le processus de recensement électoral pour les futures élections générales du

pays. S`agissant de la chefferie du village, il ressort que le premier gestionnaire a

été un Malien. Mais, le sous-préfet d`alors y a mis de l`ordre en précisant que la

chefferie n`est pas une affaire d`étranger. Ainsi, après la mort de ce dernier, un

Ivoirien du nom de Seydou Diarra, originaire de Papara dans le département de Tengrela

est nommé. Après lui, un autre ivoirien de la même région a été nommé pour prendre les

rênes du village. Malheureusement, cela n`a pas été du goût des étrangers qui l`ont

ouvertement signifié aux Ivoiriens. Quand ce dernier est décédé, ils ont alors mis leurs

menaces à exécution en récusant le Secrétaire général de l`ancien chef, en la personne

de Coulibaly, un jeune Ivoirien originaire de Papara. Les ressortissants maliens et

burkinabé le traitent de xénophobe. " Ils ont accusé le Secrétaire du chef de xénophobe.

Parce que, lui, il ne se laissait pas faire ", indique un jeune du village. Et ce

dernier d`ajouter que “cette situation a créé une vive tension dans le village. Nous

leur avons dit que certes nous sommes venus d`horizons divers, mais certains d`entre

nous ont traversé les frontières ivoiriennes avant de venir ici. Et qu`il n`est pas

question de remettre la chefferie à un Malien, encore moins à un Burkinabé ou à un autre

ressortissant de la Cedeao ", confie un jeune du village sous le couvert de l`anonymat.

Et pour réussir le coup, les Burkinabè et Maliens sont allés convaincre un ancien

marabout, Ivoirien, originaire du département de Ferkéssédougou, avec de fortes

promesses de conduire les destinés du village. C`est ce dernier qui fait office de chef

de village en ce moment.

L`origine des nombreux cas de fraudes sur la nationalité

Celui-ci a pour adjoint, M. Coulibaly Bobossy, l`ex-Secrétaire de l`ancien chef du

village. Cependant, les jeunes racontent que cet homme fait office de simple figurant

aux côtés du chef et de ses notables qui sont en grande majorité des Burkinabè et de

Maliens. Selon les jeunes du village, ce dernier est à la solde des ressortissants de la

Cedeao qui ont fait de lui un chef. Ils expliquent que malgré les nombreux appels lors

du recensement électoral, le nouveau chef a laissé les étrangers s`inscrire sur la liste

électorale. "Lorsque les autorités ont annoncé le processus de recensement, des appels

ont été lancés à l`endroit des étrangers, leur demandant que ce processus ne les

concerne pas. Malheureusement, nous nous sommes rendu compte que, ce sont ces derniers

qui se sont retrouvés sur la liste provisoire. Avec des noms d`Ivoiriens", indique un

autre villageois sidéré par cette situation. Accompagné par des jeunes pour consulter

cette liste provisoire affichée dans l`enceinte de l`école du village, ces derniers

indiquent que 80% des inscrits sur cette liste sont d`origine étrangère. " Tous ceux que

vous voyez sont des étrangers. Nous sommes tous nés dans ce village. Nous nous

connaissons tous. Nous savons qui est Burkinabé ou Malien. Mais, aujourd`hui, ils sont

devenus des Ivoiriens ", lancent-ils. Avant de préciser que les enrôlés n`ont jamais

demandé à avoir la nationalité ivoirienne.

Plus de 700 Maliens et Burkinabè inscrits sur la liste provisoire

M. Traoré Ahmed Bassam, l`ex-patron de Ash international et à sa famille, originaires de

Sikasso au Mali ont reçu de feu, le Président Félix Houphouët- Boigny, le premier

Président de la Côte d`Ivoire, la nationalité ivoirienne. A cause de cette faveur et

avec la complicité de certaines personnes, la quasi-totalité des Maliens et mêmes des

Burkinabè qui vivent dans ce village portent le nom " Traoré ". On cite même M. Vamara

Traoré, un parent de l`ex-Directeur général de Ash international, Traoré Ahmed Bassam.

Selon les jeunes du village, cet homme est la cheville ouvrière de cette fraude, avec la

complicité de certains agents du service d`état civil de la sous-préfecture d`Aboisso

délivrent les extraits d`acte de naissance à ses " frères " étrangers. C`est le cas par

exemple du Nigérian Aradjouma qui est devenu Traoré Aradjouma avec tous les membres de

sa famille. Il en est de même pour le sieur Sonh, Burkinabé d`origine qui est désormais

Sonh Traoré. Situation identique pour M. Fabetchien Koné, un Malien bon teint qui se

nomme aujourd`hui, Traoré Koné. La liste est très longue, à en croire les jeunes du

village, qui ne supportent plus cette situation. "Nous sommes fatigués de cela. Nous

nous connaissons tous dans le village et cela nous écoeure de voir des gens porter le

nom Traoré, alors qu`ils ne sont pas de cette famille", confient-ils.

Les parents de Ahmed Bassam au cœur du réseau

Les Ivoiriens y ont été pour quelque chose dans cette situation. C`est le cas de la

femme de M. Aman. Cette dernière, originaire du Ghana, avec en sa possession, un acte de

naissance authentique établi à la sous-préfecture d`Aboisso a manqué de se faire enrôler

n`eût été la vigilance des jeunes du village. Il y a aussi le cas de cette autre femme

originaire du village, du nom de Ahiman dont l`extrait de naissance a servi à plusieurs

personnes de se faire établir des actes de naissance. Les informations font état du cas

de M. Moussa Koné, qui n`a pu se faire recenser sur cette liste alors que son jeune

frère y est. Aujourd`hui, cette situation divise cette famille. Selon les informations

recueillies lors de notre passage dans ce village, le vendredi 5 mars dernier, ce sont

plus de 700 étrangers inscrits sur cette liste provisoire. Malheureusement, personne

n`ose en parler. " Nous ne voulons pas être sacrifiés. Parce que, nous sommes

minoritaires dans le village. Nous avons peur de dénoncer tous ces étrangers qui

aujourd`hui, ont la nationalité ivoirienne et tous leurs complices. De peur d`être

éliminés sur la route de nos champs ", indique ce jeune homme rencontré au pied du

château d`eau du village. Il ajoute que, même les quelque rares rapports faits auprès

des autorités administratives, n`ont jamais été pris en considération. "Personne ne

prend au sérieux cette menace qui plane sur le village. Les autorités administratives

qui savent cette situation ne font rien. Elles attendent qu`elle s`embrase avant

d`intervenir ", indique D. Georges, un jeune natif de Gagnoa. En tout cas, les

populations se regardent en chiens de faïence. Chacune d`elles attend la moindre

étincelle pour mettre le feu.

Joseph Atoumgbré attjoseph@yahoo.fr G-envoyé spécial
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