ivoirenews.net: INRI RADIO - "J-Roger Show" - Hommage aux combattants de la liberté Tuéries des 25,26, 27 mars 2004 - Vendredi 26 Mars - 20H (H. Wash, DC) 00H GMT INRI RADIO - "J-Roger Show" - Hommage aux combattants de la liberté Tuéries des 25,26, 27 mars 2004 - Vendredi 26 Mars - 20H (H. Wash, DC) 00H GMT ================================================================================ Jacques Roger on 18/03/2010 22:50:00 THEME: Hommage aux combattants de la liberté Tuéries des 25,26, 27 mars 2004 PANEL:  Prof. Siriki Gbané - Chérif Haidara ( Journaliste Chicago ) - Lucien Kouassi ( NYTV1) - Soul Touré - Paps Diallo ( Jounaliste International) - Abdoulaye Diallo ( Guinneenews)  Mamadou Balde (Aminata) - Mamadou diallo ( Franc parlé) - Allousaine Bah (Etudiant MBA) - Paps Alpha Diallo ( Journaliste International) - Doc. Lamarana Petty etc... Vendredi 26 Mars 2010 20H00 - 22h30 (heure Washington, DC) - 01h00 GMT   Participer: 218-862-7200  Code: 813641 “The Jacques-Roger Show” est une vraie émission de société interactive avec des invités, acteurs de la vie économique, sociale, politique et culturelle de la Diaspora et du Continent Africain, avec toutes vos réactions en direct. VOS MESSAGES APPELER ET LAISSER UN MESSAGE A JACQUESROGER Laisser un message directement sur le repondeur 641 715 3900 Code 73823#   PUBLICITE   PRESSE AP, 25 MARS 2004 Le gouvernement ivoirien sur le qui-vive avant la tenue, jeudi 25 mars 2004, d’un défilé de protestation  ABIDJAN (AP) - Le gouvernement ivoirien a déployé, mercredi 24 mars 2004, des chars et des véhicules blindés sur des sites stratégiques et ordonnée la fermeture des établissements scolaires du pays, de peur que la grande manifestation, prévue jeudi 25 mars, à l’appel des chefs d’opposition ivoirienne ne dégénère. Le défilé, appelant à une application plus rapide de l’accord de paix de 2003, sera le premier mouvement de protestation de grande ampleur organisé contre le gouvernement du président ivoirien Laurent Gbagbo depuis la fin d’une guerre civile de neuf mois en 2003. Le Front populaire ivoirien au pouvoir accuse les partis d’opposition de fomenter un coup d’Etat. Les gardes présidentiels de Laurent Gbagbo ont ainsi qualifié le centre de la ville de "zone rouge" qui sera défendu par tous les moyens jeudi 25 mars 2004. Les partis d’opposition ont affirmé de leur côté que le défilé aura lieu malgré l’interdiction officielle des manifestations par le gouvernement. Dans un discours diffusé sur la télévision d’Etat, le président ivoirien a déclaré que les partis d’opposition avaient "le souhait manifeste de défier l’autorité de l’Etat" et qu’ils devraient "renoncer des actions qui pourraient compromettre sérieusement le progrès du processus de paix". "Le défilé ne sera pas pacifique", a déclaré le chef du Front populaire Laurent Akoun, ajoutant que des actions menées contre les manifestants seraient "de la légitime défense". Mercredi 24 mars 2004, les forces de sécurité ivoiriennes ont procédé à des fouilles et à des arrestations dans les quartiers pauvres d’Abidjan. Ils ont tiré des salves en l’air et battu plusieurs personnes, selon les habitants. Mercredi 24 mars 2004, le président du Ghana John Kufuor a rencontré les principaux chefs politiques du pays pour tenter d’apaiser les tensions avant la manifestation de jeudi 25 mars. En dépit des accords de paix de Marcoussis signés sous l’égide de la France, la Côte d’Ivoire reste divisée entre un sud géré par le gouvernement et un nord contrôlé par les rebelles. Associated Press AFP, 25 MARS 2004 Côte d’Ivoire : plusieurs personnes tuées par balles à Abidjan  SUIVI DE : "ECOURTER LE MANDAT DE GBAGBO", PAR MATHIEU BOUABRE ABIDJAN (AFP) - Plusieurs personnes ont été tuées par balles, jeudi 25 mars 2004, dans différents quartiers d’Abidjan, alors que la ville est totalement bouclée par les forces de l’ordre en raison d’une manifestation interdite de l’opposition, selon des témoins. De sources militaires, deux personnes ont été tuées par balle à Koumassi (sud de la ville) et une autre à Anyama (est). Un photographe de presse a également indiqué qu’une personne avait été tuée par balle à Yopougon (ouest). Des habitants de ce quartier ont affirmé que trois autres personnes avaient été tuées mais cette information n’a pu être confirmée de source officielle. Selon un organisateur de la manifestation interdite, six personnes auraient été tuées à Abobo (ouest) où des affrontements sont signalés. D’importantes forces de l’ordre étaient déployées jeudi 25 mars 2004 au matin, à Abidjan, notamment autour du quartier administratif et politique du Plateau, transformant la cité en ville morte, alors que l’opposition a maintenu une manifestation interdite par le pouvoir du président Laurent Gbagbo. Le président ivoirien a réquisitionné l’armée pour maintenir l’ordre jusqu’au 15 avril 2004, et, de leur propre initiative, les commandants de la garde présidentielle et de la garde nationale, ont décrété une "zone rouge" autour du palais présidentiel, à l’intérieur de laquelle tout manifestant "sera considéré comme combattant ennemi et traité comme tel sans sommation". Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, d’Henri Konan Bédié) et le Rassemblement des Républicains (RDR, d’Alassane Ouattara) ont décidé, mercredi 24 mars 2004 au soir, de maintenir la marche pacifique prévue jeudi 25 mars, alors qu’un décret présidentiel interdit toute manifestation de rue jusqu’au 30 avril. "Nous maintenons la marche", a déclaré, mercredi 24 mars 2004, à la presse, Cissé Bacongo, le porte-parole du collectif des partis organisateurs, et membre du RDR. L’opposition accuse M. Gbagbo de bloquer les accords de Marcoussis (janvier 2003) censés mettre fin à la crise politico-militaire déclenchée par une insurrection armée en septembre 2002. Malgré l’interdiction par décret présidentiel, le PDCI, le RDR ainsi que des formations politiques plus petites ont choisi de marcher vers la place de la République, à deux pas de la présidence et surtout haut-lieu des manifestations "pro-Gbagbo" dans les premiers mois de la crise. Agence France Presse "Ecourter le mandat de Gbagbo" Si tout se passe comme prévu, le mandat arraché de haute lutte à la junte militaire par le peuple de Côte d’Ivoire et remis à Laurent Gbagbo pour une durée de cinq ans, sera écourté ce Jeudi 25 Mars 2004. En effet, devant son entêtement à ne plus désormais céder au chantage quant à la nomination de ses administrés, le Président de la République de Côte d’Ivoire sera remercié par la rue, exactement 21 mois avant le terme de son mandat que lui avaient remis les ivoiriens qui avaient offert leurs poitrines aux tueurs de Guehi Robert -on se souvient- en octobre 2000. Ainsi en ont decidé Guikahué (il n’a encore rien dit de ce qu’il a fait des 18 milliards de l’UE ) et son parti qui, pour l’événement, ont fait appel aux sofas -tireurs d’élite de Dramane Ouattara-, à toute la panoplie des initiés du Poro, et à tous ceux que la sous région renferme comme génies du maraboutisme. Le 25 mars 2004 donc,les enfants des gens vont encore mourir tout simplement parce que le Pdci n’a pas eu le port d’Abidjan. Pendant ce temps Bedié, Guikahue, Ouattara, leurs épouses, leurs enfants et tous ceux qui tiennent cette ficelle seront quelque part au frais pour suivre le "Western" sur écran géant, tous heureux qu’ils seront de se voir offrir la république, toute la république cette fois-ci, sans élections. Au delà de ce rêve outrancièrement carressé, la coalition de ces forces maléfiques oublie que, si son objectif était atteint, le 25 Mars 2004, sera le début d’un cycle infernal, d’une autre ère, celle où le pays doit s’attendre à voler en éclats chaque fois qu’une nomination ne plaira pas à ceux qui ne gouvernent pas. Le renard passe passe, chacun a son tour. Peut être même qu’il n’y aura plus de mandat présidentiel en Côte d’ivoire ; qui est fou ? Bédié ou les mauvais calculs d’un politicien naïf Pour ceux qui viendraient de prendre l’histoire de la Côte d’Ivoire en marche, et qui n’en sauraient pas grand chose, Henri Konan Bedié en fut le deuxième président de la première république. Ce pouvoir, qu’il a pris de façon héréditaire après le décès de son "père" Nana Boigny, lui sera legitimé par le peuple de Côte d’ivoire en 1995, même si des conditions farfelues d’élections n’ont permis à aucun homme serieux de se mesurer à l’homme. En 1999, au firmament de sa gloire, pour ne pas dire de son gâchis, Bédié va connaitre la plus grande humiliation de sa petite vie de politicien. Ces mêmes suiveurs du Pdci, qu’il avait appelés au secours pour offrir leurs poitrines aux fantassins de la paire Guehi-Ouattara, n’ont pas daigné prêter attention à ses pleurs. Ainsi, sous les ordres de son colistier d’aujourd’hui, Henri, en compagnie de Henriette (sa charmante épouse) et de ses enfants, va être amené à passer de gré la fête de Noël quelque part dans la forêt, entre la Côte d’Ivoire et le Benin. Seul Gbagbo, président d’un autre parti, volera au secours de N’zueba, en pesant de tout son poids pour écourter son exil. Bedié revient donc en Côte d’Ivoire sous les soins de Gbagbo, qui remet l’homme dans les conditions necessaires pour animer quand même la vie politique de son pays, même s’il lui est réellement devenu difficile de se refaire une place de choix au soleil de son parti qui, lui-même, broie le noir pour se retrouver. Mais dans la vie, il y a, comme ça, des comportements inexplicables parce que difficiles à se les expliquer soi-même et à expliquer aux autres ; Gbagbo a donc écourté l’exil de Bédié pour que, lui, vienne écourter le mandat de Gbagbo. Le seigneur n’oublie jamais les individus d’un tel acabit ; et, quand arrive le moment de les récompenser, très souvent, il ne leur donne même pas l’opportunité de re-réflechir ou de regretter leur ingratitude. La sanction est sans appel. Mais, au fait, qu’est ce qui fait penser à Bedié qu’Allassane, depuis la mort de Houphouët, s’agite pour que lui, Bedié, dirige la Côte d’Ivoire ? Incapacité notoire de faire une lecture correcte et honnête de la vie politique de ce pays ou stupide impensée d’un politicien naif ? Allasane Dramane Ouattara -le seul PHD de tous les Mossi du monde, très fort et beaucoup trop intelligent pour se permettre de se présenter aux élections presidentielles au Faso où son père dirige pourtant le village de Sindou- continue de foutre la merde en Côte d’Ivoire et, malheureusement, il réussit à reunir autour de lui des Ivoiriens bon teint, pour l’aider dans sa tâche. Dramane a eu à chasser Bedié du pouvoir ; il a tenté de tuer Guehi plus de trois fois sans succès, avant de finir avec lui dans un traquenard que le vieux militaire, avide d’argent, n’a jamais pu déjouer. Depuis le premier jour de la prestation de serment de Gbagbo, Allassane, adepte des raccourcis, continue de se débrouiller pour avoir sa peau. Est-ce vraiment difficile pour Konan Henri de se rendre à l’évidence que Ado ne cherche rien d’autre en Côte d’Ivoire que la magistrature suprême ? Combien sont-ils, nos compatriotes qui ont, ne serait ce qu’une seule fois, entendu, en public comme en privé, Ouattara critiquer le programme de gouvernement des présidents ivoiriens dont il a tant la phobie ? Il ne l’a jamais fait, il ne le fait pas et il ne le fera jamais, car ce n’est pas ce qui l’intéresse. C’est la Côte d’Ivoire qu’il veut, avec ou sans les Ivoiriens, un point c’est tout ! Si, comprendre cela, demeure de la mer à boire chez Bedié, ses amis devraient l’aider, sinon c’est plutôt sa vie que la coalition va écourter comme elle l’a exactement fait avec Guehi ; que les sorciers ne soient pas à rechercher ailleurs. A bon entendeur, salut ! Mathieu BOUABRE Côte d’Ivoire : L’opposition veut "saper les bases de l’Etat", selon Laurent Gbagbo  SUIVI D’UN COMMENTAIRE , par Silvia ALOISI  ABIDJAN (Reuters) - L’armée ivoirienne a tiré, vendredi 26 mars 2004, à la mitrailleuse, à Abidjan, tandis que le président Laurent Gbagbo accusait ses opposants d’avoir cherché à "saper les bases de l’Etat" lors de la manifestation, durement réprimée, de la veille. Le chef de l’Etat, qui s’est efforcé d’apparaître devant la presse décontracté et souriant, a exhorté les dirigeants de l’opposition et les rebelles à réintégrer le gouvernement de réconciliation nationale. Les violences de jeudi 25 mars 2004 ont poussé les ex-rebelles et deux formations d’opposition à suspendre leur participation au "gouvernement de consensus national". Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, l’ancien parti unique) avait déjà interrompu sa participation début mars 2004. Plus de la moitié des ministres, 25 sur 41, boycottent désormais l’exécutif. Selon les autorités, 25 personnes ont trouvé la mort, jeudi 26 mars 2004, dans des affrontements entre militaires, partisans et opposants de Gbagbo. Mais selon des responsables de l’opposition qui cite des diplomates, 120 personnes ont péri dans les violences depuis jeudi 26 mars 2004. Un diplomate occidental a cité devant Reuters le chiffre, encore à confirmer, de 128 victimes. "Un massacre organisé" "Les événements du 25 mars 2004 n’avaient rien a voir avec une manifestation pacifique. En réalité, il s’agissait, sous le couvert d’une marche, de faire entrer la rébellion à Abidjan, de saper les bases de l’Etat", a déclaré aux journalistes dans sa résidence du centre d’Abidjan Laurent Gbagbo, qui s’est efforcé de convaincre qu’il garde le contrôle du pays. Ce dernier traverse l’une de ses plus graves crises depuis les accords de paix de Marcoussis, signés en janvier 2003. "Il y a un président de la République dans la maison et ce président tient son pouvoir des élections et de la Constitution. Cela n’a pas changé", a-t-il ajouté. Il a affirmé que les forces de sécurité n’avaient pas ouvert le feu sur des manifestants désarmés. L’opposition l’a, en revanche, accusé d’avoir perpétré un "massacre organisé" et réclamé l’ouverture d’une enquête internationale sur ce "génocide en cours". "(Les forces politiques) déplorent de la part de la communauté internationale l’absence de réactions appropriées, voire une indifférence coupable face à ce massacre planifié aux effets et implications politiques imprévisibles", a déclaré dans un communiqué Cissé Bacongo, haut responsable du RDR et porte-parole des manifestants. "Le mot d’ordre de marche (des forces politiques) demeure en vigueur jusqu’à ce que la liberté (...) de manifester et d’exprimer leurs différences soit respectée." "En conséquence, elles demandent à leurs militants et sympathisants de rester engagés, mobilisés et vigilants", a-t-il ajouté. "Opérations de ratissage" A Abidjan, un diplomate occidental n’a pas caché son inquiétude : "Le processus de paix ne tient plus qu’à un fil. On voit difficilement comment cette situation pourrait être inversée". De source diplomatique, on a estimé que le président comme les rebelles avaient durci leur discours. Une force des Nations Unies doit se déployer dans le pays dans moins de deux semaines. Au moment où Laurent Gbagbo s’adressait aux journalistes, des coups de feu sporadiques pouvaient toujours être entendus dans le quartier populaire de Treichville. Un membre de la Garde républicaine a expliqué que l’armée avait lancé une opération après avoir été informée de la présence de personnes recherchées dans ce quartier, peuplé en majorité d’immigrants et de personnes originaires du nord du pays, qui constitue le bastion principal des rebelles. Un employé du CHU de Treichville a indiqué que 15 blessés par balle avaient été acheminés dans l’établissement dans l’après-midi. Les fusillades se sont atténuées en soirée mais le quadrillage de la ville par l’armée demeurait très important, selon les habitants. L’armée a annoncé procéder à des opérations de "ratissage" d’opposants dans d’autres quartiers. La fin du conflit ivoirien, né de l’échec d’un coup d’Etat en septembre 2002, a été officiellement déclarée en juillet 2003, mais la lente mise en oeuvre des accords de paix alimente toujours les tensions en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao. Les parties s’accusent réciproquement de ne pas respecter leurs engagements en faveur de la paix. Silvia ALOISI Manifestations en Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo dénonce les "chiffres irresponsables" avancés par l’opposition  PARIS (AP) - Après les manifestation à Abidjan de la semaine dernière, le président de la Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo dénonce les "chiffres irresponsables" avancés notamment par l’opposition. "Je veux qu’on cesse de raconter n’importe quoi", déclare-t-il dans un entretien, mardi 30 mars 2004, au "Parisien/Aujourd’hui en France". Alors que l’opposition annonce entre 300 et 500 morts et que le Mouvement ivoirien des droits de l’homme fait état de 200 victimes, M. Gbagbo s’en tient au bilan "inattaquable" de la police. "Il y a eu exactement 37 morts, dont 25 le jour de la manifestation et les autres le lendemain", affirme-t-il. Le président ivoirien dément par ailleurs avoir envoyé l’armée contre les manifestants. "C’était une opération menée par la police avec l’aide de la gendarmerie et non une opération de guerre". Il annonce également avoir "demandé une commission d’enquête parlementaire". "J’ai aussi écrit au secrétaire général des Nations unies pour qu’il crée une commission d’enquête internationale", assure-t-il encore. Laurent Gbagbo affirme enfin être "le seul à appliquer" les Accords de paix de Marcoussis aujourd’hui. Associated Press REUTERS, 3 MAI 2004 Côte d’Ivoire: L’ONU accuse les autorités de "tuerie indiscriminée"  DAKAR (Reuters) - La commission d’enquête des Nations Unies sur les répressions qui ont suivi une manifestation interdite de l’opposition, le 25 mars 2004, à Abidjan, met en cause dans son rapport "les plus hautes autorités ivoiriennes" et évoque une "opération soigneusement planifiée et exécutée". "Ce qui s’est produit, les 25 et 26 mars, était une tuerie indiscriminée de civils innocents et une violation massive des droits de l’homme", écrit la commission d’enquête dans son rapport, que Reuters a consulté lundi 3 mai 2004. Ces violences ont constitué une "opération soigneusement planifiée et exécutée" par les forces de sécurité et des milices "sous la direction et la responsabilité des plus hautes autorités de l’Etat", ajoute la commission, placée sous l’autorité du Haut Commissaire par intérim pour les droits de l’homme. "Au moins 120 personnes ont été tuées, 274 blessées et 20 sont portées disparues", indique le rapport en soulignant que ces chiffres ne sont "d’aucune manière définitifs". La diffusion de ce rapport devrait renforcer les adversaires du président ivoirien, Laurent Gbagbo, qui a déclaré que seules 37 personnes avaient été tuées dans ce qu’il a qualifié de tentative d’insurrection armée contre les institutions ivoiriennes. "Les événements du 25 mars n’avaient rien à voir avec une manifestation pacifique. En réalité, il s’agissait, sous le couvert d’une marche, de faire entrer la rébellion à Abidjan, de saper les bases de l’Etat", déclarait-il à la presse le 26 mars 2004. Aucun commentaire officiel à Abidjan L’opposition ivoirienne, qui s’est retirée du gouvernement de réconciliation nationale mis en place aux termes des accords de Marcoussis, affirme, elle, que 350 à 500 personnes ont péri dans ces violences. Un porte-parole de l’armée ivoirienne a déclaré qu’il n’y avait aucun commentaire des autorités sur ce rapport, qui n’a pas été officiellement diffusé. La délégation ivoirienne aux Nations Unies, à New York, a convoqué une conférence de presse, mardi 4 mai 2004, à 15h00 GMT, présenter la réponse d’Abidjan à ce rapport. Les enquêteurs de l’ONU soulignent que de nombreux meurtres se sont produits "non pas dans les rues, mais dans les maisons de manifestants présumés et même de civils innocents visés par les forces de sécurité en raison de leur nom, origine ou groupe communautaire". Auraient été en particulier visés des ressortissants du Burkina Faso, du Mali et du Niger -qui entretiennent des liens culturels étroits avec les populations du nord de la Côte d’Ivoire et sont considérés par les partisans de Laurent Gbagbo comme des sympathisants de l’opposition. Deux policiers ont par ailleurs été brutalement assassinée par une foule de manifestants. Sans remettre en cause le caractère illégal de la manifestation du 25 mars 2004, la commission d’enquête estime que le niveau de la répression "n’était pas en proportion ni justifiable par la situation". Reuters Un rapport en forme de réquisitoire 11/05/2004 à 00h:00 Par Nicolas Michel         En demandant, le 2 avril, aux Nations unies de diligenter une enquête sur les violations des droits de l'homme perpétrées le 25 mars à Abidjan, le président Laurent Gbagbo n'imaginait sans doute pas qu'il tendait le bâton qui allait servir à le battre. Et c'est peu dire que la bastonnade est rude pour le pouvoir ivoirien : pour les enquêteurs, « la marche [du 25 mars] a servi de prétexte à une opération soigneusement planifiée et exécutée par les forces de sécurité, c'est-à-dire la police, la gendarmerie, l'armée, ainsi que les unités spéciales et les "forces parallèles", sous la direction et la responsabilité des plus hautes autorités de l'État ». Opération qui s'est soldée par une « tuerie indiscriminée de civils innocents ». Selon la commission d'enquête, au moins 120 personnes auraient trouvé la mort, 274 auraient été blessées et 20 auraient disparu. Un bilan qui pourrait encore s'alourdir : les enquêteurs n'ont pu vérifier de leurs yeux l'existence de deux charniers, l'un à N'Dotré et l'autre à Akouedo.  Les conclusions auxquelles aboutit le rapport de la commission d'enquête - et qui recoupent celles du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) et, dans une moindre mesure, celles d'Amnesty International - font froid dans le dos. Ce d'autant qu'il est difficile de mettre en doute l'impartialité des enquêteurs qui se sont rendus sur place du 15 au 28 avril et ont rencontré la plupart des parties concernées. Dont : le président Gbagbo, mais aussi son Premier ministre Seydou Diarra, plusieurs ministres, les commandants des forces armées nationales (police, gendarmerie et Forces armées nationales de Côte d'Ivoire - Fanci), les dirigeants des principales formations politiques, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Albert Tévoéjdrè, des responsables de l'Onuci et de l'opération Licorne, nombre de diplomates, ainsi que des organisations non gouvernementales (ONG), des chefs religieux, des associations de femmes, etc. Tout en leur garantissant une stricte confidentialité, les enquêteurs ont par ailleurs multiplié les entretiens avec des témoins directs des événements - dont certains en portaient encore les cicatrices - et accumulé les témoignages de première main. Ils ont aussi pu collecter bon nombre de preuves documentaires, comme des photographies, des enregistrements audio, des vidéos. Certains témoins oculaires ont préféré rester muets, de peur de représailles, mais la commission estime avoir en sa possession suffisamment d'éléments pour brosser un tableau fidèle des événements qui précédèrent et suivirent la journée du 25 mars. Retour sur de sombres heures.  À la veille de la « marche pacifique », la situation politique est des plus volatile. Le 4 mars, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, de Henri Konan Bédié) décide de suspendre sa participation au Conseil des ministres pour protester contre les dysfonctionnements dans le processus de réconciliation et les atteintes répétées contre l'État de droit. Il est suivi par le Rassemblement des républicains (RDR, d'Alassane Ouattara), l'Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI), le Mouvement des forces de l'avenir (MFA, d'Anaky Kobéna), et les Forces nouvelles (FN, ex-rébellion). Ces sept formations créent alors le Groupe des sept (G7), dont le but affiché est d'obtenir l'application des accords de Linas-Marcoussis (janvier 2003) et d'Accra II (mars 2003).  Le 17 mars, le G7 établit un mémorandum qui dresse la liste des récriminations visant le président de la République et fait le point sur les obstacles et les difficultés à surmonter pour relancer un processus de réconciliation en panne. Il appelle aussi à organiser une marche à Abidjan, le 25 mars. Son but : prendre l'opinion nationale et internationale à témoin, mais aussi mesurer le soutien de la population et souligner les responsabilités du régime de Laurent Gbagbo dans le blocage.  À une semaine de la marche, le 18 mars, le décret présidentiel n° 2004-210, débattu sept jours auparavant, interdit toute manifestation jusqu'au 30 avril. Seules les rencontres entre partis politiques, dans des lieux fermés, sont autorisées. Le même jour, les commandants de la garde et de la sécurité présidentielles décrètent « zone rouge » les abords du palais, jusqu'à la place de la République : quiconque y pénétrera sera considéré comme un ennemi et, à ce titre, abattu sans sommation.  Entre le 18 et le 25 mars, d'ultimes tentatives de médiation - dont celle de John Kufuor, président en exercice de la Cedeao - pour restaurer le dialogue entre Laurent Gbagbo et le G7 échouent. Le 22 mars, le G7 rend de nouveau publiques ses doléances dans un mémorandum : Gbagbo ne saisit pas la main tendue. Il se déclare prêt pour une rencontre... mais seulement le 29 mars.  En réalité, au sein du palais, la tension est à son comble. Le pouvoir a peur. Le 22 mars, le décret n° 2004-236 réquisitionne les forces armées. De sources concordantes, Seydou Diarra l'apprend à la télévision. Le président convoque ensuite le Premier ministre, les ministres de la Défense et de la Sécurité ainsi que les dirigeants de la police, de la gendarmerie et des Fanci afin qu'ils mènent une opération conjointe pour empêcher la manifestation. Que craint donc Gbagbo ? Que des éléments armés appartenant aux Forces nouvelles n'infiltrent la marche et profitent de l'occasion pour perpétrer un coup d'État. Le précédent d'Haïti - le président Aristide a dû s'enfuir du pays, le 29 février, sous la menace d'une insurrection rebelle - est dans tous les esprits et diverses informations, plus ou moins alarmistes émanant du gouvernement ou de services de renseignements étrangers, prédisent l'imminence d'une « bataille d'Abidjan » menée par un mouvement rebelle fourni en armes par deux pays frontaliers. La menace est prise très au sérieux - ou en tout cas présentée comme telle, la commission d'enquête n'ayant pu obtenir la moindre preuve que le pouvoir était en danger. Dès le 24 mars, la marine est mise en alerte ; les forces de sécurité positionnées dans les quartiers de la périphérie où sont prévus les regroupements ; certaines entrées et sorties de la ville bloquées. Et les troupes gouvernementales sont postées à 120 km de la ville. L'impressionnant arsenal de guerre qui est déployé semble tout à fait disproportionné par rapport à la réalité de la menace.  Le ton monte ; les propos sont de plus en plus belliqueux. Le 24 mars, le chef d'état-major général des Fanci, Mathias Doué, déclare que les forces de sécurité puniront comme ils le méritent « ceux qui n'ont rien compris ». Que se passe-t-il ensuite ? Tôt le matin du 25 mars, malgré la forte pression sécuritaire et l'interdiction de manifester, des gens sortent de chez eux sans qu'on sache vraiment s'ils comptent manifester ou non, notamment à Abobo, Anyama, Port-Bouët 2 et Adjamé. On s'agite un peu. On discute. La marche n'a pas encore débuté. L'idée est de se rassembler dans les lieux publics de chaque commune et de se rendre jusqu'à la place de la République, non loin du palais présidentiel, pour y tenir un sit-in pacifique. Las ! Dès 6 h 15, à Yopougon, des hommes en uniforme (et dépourvus d'insigne) parlant anglais menacent de mort des manifestants, indique le rapport. Leur Jeep à peine partie, des hélicoptères survolent la zone en rase-motte et lâchent des grenades lacrymogènes. La foule commence à fuir. Les hommes sans insigne lui bloquent le chemin un peu plus loin. La police et la gendarmerie arrivent. Ouvrent le feu. À 7 heures, plusieurs manifestants gisent déjà sur le sol. Morts.  À Abobo, entre 6 h 15 et 8 h 30, les forces terrestres soutenues par des hélicoptères lancent des grenades lacrymogènes. Et commencent à tirer. La foule panique. Les manifestants fuient en désordre. Cherchent à rentrer chez eux. À protéger leur vie. Les hélicoptères indiquent aux forces terrestres où se regroupent les fuyards. À Adjamé, c'est vers 10 heures qu'un groupe est dispersé à coups de gaz lacrymogène, puis essuie les tirs à balles réelles d'un membre des forces parallèles vêtu d'un tee-shirt blanc et accompagné par trois officiers de police. Certains sont tués ou blessés dans la rue, d'autres dans les arrière-cours et à l'intérieur des maisons.  À Port-Bouët, de nombreux témoins racontent avoir vu les hélicoptères tirer et larguer des explosifs, faisant plus de quinze blessés et tuant deux personnes, dont un adolescent de 12 ans.  Dans la zone PK 18 d'Abobo, trois cents manifestants parviennent à se regrouper et marchent vers un pont contrôlé par les forces de sécurité. Un autre groupe, qui vient de mettre le feu à des pneus et lance toutes sortes de projectiles les y rejoint. Les policiers tirent en l'air, essaient de fuir, se réfugient à l'intérieur d'une maison. La foule les y poursuit. Deux policiers sont brutalement tués avant qu'une seconde unité de police parvienne à mettre les assaillants en déroute.  Les événements ne prennent pas fin au soir du 25 mars. Pendant deux jours, les forces de sécurité lourdement armées (lance-roquettes, véhicules blindés, 4x4, Jeep, etc.) interviennent sans autoriser les forces militaires internationales, les observateurs indépendants ou la presse étrangère présents en Côte d'Ivoire à se rendre sur place. Forces parallèles et régulières agissent ensemble, de manière coordonnée. Selon le rapport, « les forces parallèles et les milices armées [...] sont financées et équipées par les forces de sécurité qui leur donnent des objectifs généraux ou des ordres directs. D'après plusieurs comptes-rendus et témoignages, ce soutien aux forces parallèles vient de l'intér