Sections
Newsletter
Email:
Auteur vedette
Home | GUINEE | Guinée : Dadis ne veut plus rester au Burkina

Guinée : Dadis ne veut plus rester au Burkina

image

Mamadou Aliou DIALLO - 10/03/10 - Le Capitaine Moussa Dadis Camara cherche désespérément un point de chute, quelque part, au Mali notamment dans la zone frontalière avec la Guinée, pour poursuivre sa convalescence. Une manière de s’approcher de son Nzérékoré natal qui lui manque certainement beaucoup.

Le chef de la junte militaire guinéenne continue ses pérégrinations en Afrique. Après le Maroc et le Burkina Faso où il vit en exil forcé, depuis le 13 janvier dernier, Moussa Dadis Camara, pourrait prolonger sa convalescence au Mali. L’ex-homme fort de Conakry ne veut plus, en tout cas, rester à Ouagadougou. II souhaite se rendre au Mali notamment à Sélingué, une petite bourgade située à 150 km environ de Bamako et à quelques encablures seulement de la frontière guinéenne. Le président Sékouba Konaté réfléchit, depuis un certain temps déjà, à cette éventualité. Il en a parlé à son homologue malien, le président Amadou Toumani Touré, lors de sa récente visite de travail au Mali, au mois de février dernier. Une délégation guinéenne conduite par le ministre des Affaires étrangères, Bakary Fofana, s’est même rendue à Sélingué qui abrite l’un des plus grands barrages énergétiques du Mali. Selon la version officielle, la délégation voulait s’inspirer de l’expérience malienne en matière de développement agricole. Il semble toutefois que le volet agricole n’était qu’un prétexte. La délégation avait pour mission de prospecter les lieux pour voir s’il existe une résidence digne d’un ex-chef d’Etat pour accueillir l’ex-homme fort de Conakry. Mais, les émissaires du général Konaté n’auraient rien trouvé. Le bouillant Capitaine devra donc prendre son mal en patience en attendant qu’une solution soit trouvée, si l’on en croit Jeune Afrique. Le gouvernement guinéen va-t-il alors lui construire une villa au Mali, ou demander à Bamako de lui trouver une résidence dans une autre ville ? En tous les cas, le Capitaine Dadis ne peut plus rester dans sa cossue villa de ‘Ouaga 2000’.

Pourquoi, le chef de la junte militaire a-t-il choisi cette localité frontalière avec la Guinée, pour poursuivre sa convalescence ? La question mérite, en tout cas, d’être posée. Peut-être cherche-t-il à s’approcher de la Guinée pour pouvoir se mettre à l’abri d’éventuelles poursuites judiciaires par la Cour pénale internationale qui exige son jugement pour son rôle présumé dans le massacre du 28 septembre dernier, à Conakry. Il n’est pas sûr que l’actuel gouvernement guinéen acceptera de livrer ces bourreaux à la Cpi. La reconduction des officiers épinglés par le rapport de la Commission internationale d’enquête de l’Onu dans le cabinet présidentiel met, en tout cas, en doute la sincérité des autorités de la transition. Parmi ces officiers, il y a le Commandant Claude Pivi alias Coplan, ministre de la Sécurité présidentielle et le Lieutenant Tiegbéro Camara, ministre chargé des Affaires spéciales, de la lutte contre le trafic de drogue et le grand banditisme. Human Rights Watch réclame, d’ailleurs, leur tête.

Dans une correspondance, en date du 4 mars dernier, adressée aux nouvelles autorités guinéennes, l’Ong américaine de défense des droits de l’homme, demande leur suspension du gouvernement ainsi que les autres fonctionnaires impliqués dans cette sanglante répression. Il appelle le président Sékouba Konaté et le Premier ministre, Jean-Marie Doré, à prendre les dispositions idoines pour poursuivre les auteurs des violations des droits humains commises par les forces de sécurité guinéennes. ’Konaté et Doré ont une opportunité de rejeter l’impunité persistante en Guinée et de mettre un terme à la violence’, déclare à ce propos Corine Dufka, chercheuse sénior pour l’Afrique de l’ouest à Human Rights Watch pour qui, ‘ rendre compte des exactions passées et construire une société s’appuyant sur l’Etat de droit, c’est le travail d’aujourd’hui et non de demain’.

Mamadou Aliou DIALLO

 

Subscribe to comments feed Commentaires (0 posté):

Postez votre commentaire comment
Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:
  • email Envoyer par email à un ami
  • print Version imprimable
  • Plain text Texte complet
Notes
Pas de note pour cet article

Estimez cet article
0