GUINEE: "Les autorités de la transition doivent entreprendre les audits financiers à l’encontre de tous les candidats à la magistrature suprême", dixit Ibrahima Kassory Fofana
M. Ibrahima Kassory Fofana, ex Ministre guinéen de l’économie et des finances estime par cette déclaration que le succès de la transition et l’établissement de la démocratie dans le pays, suppose au préalable les audits des candidats,
pour éviter que la Guinée ne tombe sous les griffes de n’importe qui notamment d’un leader qui a trempé dans la corruption, le détournement et le pillage des fonds publics, la malversation financière…. La Guinée cherche t-elle désespérément un Président, fut-il criminel économique ?
L’annonce des opérations d’audit par le capitaine président Moussa Dadis Camara et le CNDD à leur arrivée au pouvoir en décembre 2008 a suscité à travers la Guinée et l’étranger une vague de soutien et d’adhésion des Guinéens aux idéaux des nouvelles autorités du pays. Tant le pays a souffert, à tous égards, et ce, durant un quart de siècle des effets des scandales financiers qui ont émaillé l’administration nationale. Des fonds affectés à l’aide publique au développement par les partenaires bi et multilatéraux dilapidés, des projets bâclés… conduisant inévitablement à la déchéance sociale, à la précarité, à la dépravation des valeurs morales…
Or, il n’y a pas et ne saurait y avoir une société fiable, heureuse, juste, démocratique fondée sur la paix, la stabilité, l’unité…, à moins de vouloir sombrer dans la démagogie sans la morale. L’éthique.
Pour ce qui concerne la Guinée, cette démarche est une étape incontournable qui, si on la brûle pour des raisons avouées ou inavouées pourrait compromettre ou remettre en cause la société de paix, de prospérité, d’unité, de démocratie… que nous voulons pour notre pays, pour les générations actuelles et celles à venir.
Ceci dit, lorsque le CNDD a mis en place le Comité National de lutte contre la corruption présidé par le général Sekouba Konaté, Président intérimaire de Guinée, la majorité des leaders politiques pour ne pas dire tous, avaient salué l’initiative et estimé être audités pour avoir géré les affaires sous l’ancien régime.
L’appel de M. Kassory Fofana ne constitue qu’un rappel digne d’être pris en compte car, la Guinée ne veut pas et ne doit pas élire un criminel économique ou un cadre corrompu à la fonction suprême de Président de la République, Chef de l’Etat. Ce serait causer du tort au pays, revenir à la case départ et enfin un nouveau rendez-vous politique manqué.
Pour connaître le présent et assurer l’avenir, il faut connaître le passé.
Zapper les audits serait une erreur politique gravissime qui n’assurera pas le succès de la transition, des récidives et des remises en question qui ont détruit le pays pouvant intervenir à tout moment.
Pourquoi, malgré les milliards de dollars versés par l’Union Européenne, le FMI, la Banque mondiale durant plus de deux décennies… pour le développement national, la Guinée est toujours à la traîne?
Si la marche vers un Etat de droit et de Démocratie est à saluer et entraîne l’enthousiasme populaire, ce n’est cependant pas le moment pour l’opinion publique qui s’est longtemps sacrifiée pour l’instauration de la démocratie en Guinée, d’oublier les dommages à elle causés par les agissements irresponsables et criminels de certains de ses cadres véreux qui ont plongé le pays dans la misère et la pauvreté, reconvertis aujourd’hui en politique.
"Les autorités de la transition doivent entreprendre les audits financiers à l’encontre de tous les candidats à la magistrature suprême pour que le peuple sache enfin la vérité", affirme le Président de Guinée Pour Tous (GPT).
Si la corruption est universelle, l’impunité est une pratique non universelle.
En tout état de cause, pour l'écrasante majorité de Guinéens "aller aux élections sans les audits, ce serait mettre les charrues avant les bœufs".
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