IRAN: L’Iran a lancé le processus d'enrichissement d'uranium à 20% Israël s’alarme et maintient sa menace militaire
Par : R. I./Agences - 09/02/10 - Israël continue à jouer la carte d'un durcissement des sanctions internationales contre l'Iran, qui a lancé hier le processus d'enrichissement de l'uranium à 20%, tout en gardant l'option militaire dans sa manche.
Un des faucons du gouvernement de Benjamin Netanyahu, Sylvan Shalom, a exhorté hier la communauté internationale à prendre des “sanctions douloureuses” contre l'Iran, même si la Russie et la Chine, qui disposent d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, “ne s’y associent pas”. Le ministre de l'Industrie et du Commerce, Binyamin Ben Eliezer, a également appelé les États-Unis à réagir. “Les États-Unis devraient comprendre l'énormité de la catastrophe qui va se produire au Moyen-Orient, d'autant plus qu'ils seront les premiers à en payer les conséquences”, a affirmé cet ancien ministre de la Défense. L'Iran a annoncé, hier, le début des opérations de production d'uranium enrichi à 20% sur le site de Natanz (Centre).
En réaction, les États-Unis et la France se sont déclarés pour l'adoption de sanctions fortes, mais la Chine a plaidé pour la poursuite des discussions sur le dossier nucléaire iranien. “Nous espérons que ces sanctions se traduiront par exemple par une interdiction d'exportation vers l'Iran de composants électriques ou électroniques, pouvant être utilisés pour des armements ou de produits pétroliers dérivés, ou de technologie pour le raffinage du pétrole”, a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Ygal Palmor. Interrogé sur l'éventualité d'une frappe militaire israélienne, un haut responsable gouvernemental, qui a requis l'anonymat, a prévenu que “cette option peut être envisagée dans le cas d'une menace iranienne imminente”, sans donner d'autres détails. Ephraïm Kam, directeur-adjoint de l'Institut d'études stratégiques de l’université de Tel-Aviv et ancien officier des renseignements militaires, estime toutefois qu'une attaque israélienne à court terme est “improbable”. “Si des sanctions plus dures sont effectivement imposées, il faudra attendre sans doute jusqu'à la fin de l'année pour savoir si elles sont efficaces”, explique-t-il. “Si ce n'est pas le cas, à cause notamment de la Chine et de la Russie, les États-Unis ont prévenu que l'option militaire restait sur la table. En attendant, Israël ne devrait pas prendre d'initiative”, estime M. Kam. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit se rendre dimanche à Moscou, pour tenter de convaincre la Russie de ne pas exporter d'équipements militaires sophistiqués à l'Iran, et de durcir sa position diplomatique contre Téhéran. La semaine dernière, le ministre israélien des Affaires stratégiques Moshé Yaalon avait évoqué la possibilité d'un recours à la force pour empêcher l'Iran de parvenir à l'arme nucléaire. L'aviation israélienne a déjà eu recours à la force contre des installations nucléaires dans la région, en bombardant, le 7 juin 1981, le réacteur nucléaire irakien de Tammouz, près de Bagdad. Le Premier ministre israélien de l'époque, Menahem Begin, avait expliqué que cette centrale était sur le point de devenir opérationnelle et aurait permis à l'Irak de fabriquer des bombes atomiques.
L'Iran, qui dément vouloir se doter de l'arme nucléaire, est l'ennemi juré de l'État hébreu. Le guide de la République islamique d'Iran, Ali Khamenei, a affirmé, dimanche, que la destruction d'Israël était “imminente” et son président, l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, a à plusieurs reprises appelé à "rayer" Israël de la carte.




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