CI: SORTIE DE CRISE: La visite de Gbagbo au Ghana livre ses secrets
L'Inter - mardi 10 novembre 2009 par TRA BI Charles Lambert - Le chef de l’Etat a rencontré le Gal Doué . Ce que les présidents ivoirien et ghanéen préparent - Une ‘’visite d’amitié et de travail’’ pendant laquelle les présidents ivoirien et ghanéen ont évoqué l’affaire Doué Mathias, du nom du général ivoirien aux trois étoiles, qui se trouverait actuellement au pays de Kwamé Nkrumah, 5 ans après avoir déserté son pays.
Dans sa parution de la semaine en cours, l’hebdomadaire international ‘’Jeune Afrique’’, évoquant le ‘’secret défense Côte d’Ivoire- Ghana’’, indique que lors de la dernière visite de Gbagbo à Accra, il a été beaucoup question de sécurité au cours des entretiens. « A Abidjan, certains responsables continuent de soupçonner le voisin ghanéen de donner asile à des déserteurs de l’armée ivoirienne (notamment les hommes du sergent Ibrahim Coulibaly et de l’ancien chef d’état-major, Mathias Doué), en vue d’une hypothétique opération de déstabilisation. Le président John Evans Atta Mills, qui dépêche régulièrement à Abidjan Kodjo Tikata, le patron de ses services de sécurité intérieure et extérieure, s’est efforcé de rassurer son hôte. Ce qui n’empêche pas l’armée ivoirienne de masser ses troupes d’élite le long de la frontière », lit-on dans les confidences du dernier numéro de ‘’Jeune Afrique’’. A la vérité, le chef de l’Etat ivoirien reste, quoi qu’on dise, préoccupé par la question Doué et, dans une moindre mesure, par les coups de gueule de l’ancien putschiste, le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, tous deux ayant menacé au plus fort de la crise ivoirienne d’en finir avec le régime d’Abidjan. « J’estime que le départ du Président Gbagbo est la condition unique au retour de la paix en Côte d’Ivoire. Si la communauté internationale ne veut pas s’engager à le faire partir en douceur, moi, je le ferai par tous les moyens. Bien entendu, cela ne se fera pas sans dégâts », avait menacé Doué, en juin 2005, sur les antennes de RFI, après avoir signé, un jour plutôt, son retour au pays par un communiqué virulent mais évasif. Celui que les Ivoiriens ont surnommé ‘’le Chinois’’- il a été attaché de défense à Pékin, puis à Tokyo, au début des années 1990 - avait été limogé en novembre 2004 suite à l’échec de ‘’l’opération dignité’’ des Forces régulières ivoiriennes contre les rebelles du Nord.
Accord Gbagbo-Atta Mills « Le chef de l’Etat va au Ghana pour parler aussi de sécurité avec le Président Atta Mills. Il semble que Doué Mathias est dans ce pays depuis un moment. La paix revient en Côte d’Ivoire, il faut neutraliser tous ceux qui peuvent déranger ce processus politique », nous confiait récemment, en privé, un proche conseiller du Président Gbagbo, avant le départ du chef de l’Etat ivoirien, le 3 novembre 2009, pour Accra. Si la récente visite de Gbagbo au Ghana ‘’a été fructueuse’’ comme il l’a indiqué lui-même mercredi 4 novembre 2009 dès son retour à Abidjan, elle l’a été aussi et surtout parce que le Président ivoirien aurait réglé définitivement les questions de sécurité avec le Ghana voisin. On parle même d’un tête-à-tête que le No1 ivoirien aurait eu à Accra avec son ancien chef d’état-major Doué Mathias, pour dissiper les malentendus. « Personne ne l’empêche de rentrer au pays, parce que j’entends des gens affirmer, çà et là, qu’on empêche Doué de revenir dans son pays. Pourquoi s’opposer à ce qu’il rentre ? », s’était indigné Laurent Gbagbo, recevant les populations du Moyen-Cavally, en octobre 2008 au palais présidentiel d’Abidjan. « Aujourd’hui, Doué peut venir faire la politique ou même ouvrir un magasin de riz s’il le veut », avait ajouté le chef de l’Etat, invitant les Ivoiriens à ne pas compliquer davantage la sortie de crise avec cette affaire. En tout cas, lors de leur rencontre au Ghana les 3 et 4 novembre derniers, MM. Gbagbo et Atta Mills ont convenu de gérer au mieux l’affaire Doué et, plus généralement, l’ensemble des questions de sécurité qui concernent leurs deux pays. Rappelons que lors de son investiture le 7 janvier 2009, en présence du Président ivoirien, le nouveau chef de l’Etat ghanéen avait promis de ‘’renforcer’’ les liens avec la Côte d’Ivoire, assurant que le Ghana ne servira pas de base arrière pour la déstabilisation d’autres pays. « On maintient la sécurisation de la frontière », avait dit, pour sa part, M. Gbagbo. « Plus de rebelle ivoirien au Ghana », tel est, au fond, le principal accord Gbagbo-Atta Mills, conclu par les deux hommes, il y a quelques jours à Accra.




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