CI: Manifestations du RHDP contre la dissolution de la CEI: Ce qui s’est passé hier à Yamoussoukro
L'inter - jeudi 18 février 2010 par Blaise BONSIE à Yamoussoukro - 15 jeunes interpellés Des gendarmes et policiers blessés
« Pas de marché. Pas de service ouvert », avaient-ils diffusé. Ils ont plutôt invité les populations à une grande marche pour aller chasser le président Laurent Gbagbo du palais présidentiel de la ville où il se repose en ce moment, en attendant la formation du prochain gouvernement. Toute la nuit, les forces de défense et de sécurité qui ne voulaient pas se laisser déborder par une quelconque manifestation, ont patrouillé toute la nuit afin d’étouffer toute tentative de rassemblement. C’est au cours de cette patrouille que très tôt le matin, ils interpelleront deux des leaders de la jeunesse du RDR venus ouvrir le siège de leur parti, un des lieux de ralliement de la manifestation du jour. Selon la stratégie mise en place par les organisateurs, les militants devraient partir des quartiers et villages environnants pour converger sur l’artère principale de la ville. La marrée humaine alors constituée devrait marcher sur la résidence des Boigny où se trouve le chef de l’Etat. « Nous allions d’abord lui dire qu’il n’est plus Président de ce pays et qu’en tant que tel, il doit partir d’ici. Aussi, nous voulions lui dire que le palais où il se plait à se reposer a été construit par le Président Houphouët-Boigny qu’il n’a cessé de traiter de voleur. Comme lui n’est pas voleur, qu’il parte donc de cette maison de voleur construite avec de l’argent volé », a expliqué M. N’Guessan Ben Ahui, Coordonnateur départemental de la jeunesse du PDCI, cheville-ouvrière de cette marche. Malheureusement pour les militants qui ont répondu à l’appel de leur leader, les forces de l’ordre avaient bouclé leurs différents points de ralliements. Si bien que cela à donné lieu à quelques échauffourées. Au quartier Habitat de la ville, à la place dite du château, un élève qui essayait d’organiser les militants à coups de sifflet, s’est vu bastonner par des policiers, avant d’être amené à leur base. « Vous n’aviez pas d’autorisation de manifester. Nous ne vous permettrons donc pas de marcher », avait prévenu le policier. « Nous ne reconnaissons plus le président Gbagbo comme Président. En tant que tel, nous ne reconnaissons pas pour le moment l’autorité des préfets censés le représenter. Alors, nous ne pouvons pas aller demander une autorisation au préfet pour quoi que ce soit », a expliqué M. Kouadio Paul, le permanent de la délégation départementale du PDCI à Yamoussoukro, qui coordonnait la manifestation pour le compte de son parti. Outre la place du château, bien d’autres endroits de la ville ont abrité les accrochages entre forces de l’ordre et manifestants. Il s’agit notamment du marché dit de « Mofêtai » où 3 jeunes ont été interpellés, du grand marché de la ville où une dame et 2 jeunes ont été arrêtés, du quartier Dioulabougou où 5 jeunes, dont le président des jeunes du RDR, M. Yaya Ouattara, ont été interpellés. Ce dernier, en sa qualité du président de la jeunesse Houphouétiste (organisatrice des manifestations du jour), avait invité la presse pour faire le point lorsqu’il a été arrêté et embarqué pour le commissariat du 2ème arrondissement de la ville. La zone la plus chaude de cette journée a été le village d’Abouakouassikro, sur l’axe de Bouaflé a environ 5 km du centre-ville. Une foule d’environ 200 manifestants qui descendaient sur la ville, a été contrée par les forces de l’ordre qui ont dû faire usage de gaz lacrymogène pour la disperser. L’affrontement qui a eu lieu, a fait plusieurs blessés. 2 gendarmes ont reçu des pierres en plein visage. L’un a le nez cassé. Un policier lutte en ce moment contre la mort. Il est tombé suite à une crevaison d’une roue du véhicule qui servait de transport de troupe. Jusqu’à 10h30, les forces de l’ordre étaient parvenues à désorganiser les manifestants. Si bien qu’a 11 heures, la vie avait repris son cours normal à Yamoussoukro. Au total, 15 manifestants ont été interpellés dont 2 blessés des suites de bastonnades. Jusqu’à ce que nous mettions sous presse, leur libération continuait d’être négociée par les premiers responsables du RHDP dans la ville. Les organisateurs entendent revenir à la charge ce jeudi matin.




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