Côte d’Ivoire : Des morts pour rien
L'Inter - • dimanche 21 février 2010 par Amos BEONAHO - Le sang a encore coulé en Côte d’Ivoire. Cela, du fait de la violence politique qui a encore réssurgi depuis la crise du contentieux électoral, l’affaire Beugré Mambé et la dissolution de la CEI et du gouvernement.
Malgré nos nombreuses interpellations et nos mises en garde pour attirer l’attention des uns et des autres sur la gravité de la situation, rien n’y fit. Les intérêts individuels ont pris le pas sur l’intérêt commun. La survie de la nation en difficulté a été foulée aux pieds au gré des préoccupations partisanes. Le plus triste c’est que c’est le bas peuple qui trinque toujours à la place des bourgeois politiciens calfeutrés tranquillement sous la fraîcheur de leurs salons douillets. Le plus agaçant, pourrait-on dire, c’est l’attitude des soi disant militants prêts à être envoyés à l’abattoir et qui ne comprennent parfois rien à rien. Ils ne retiennent pas les leçons que nous enseigne l’histoire pourtant fraîche de la Côte d’Ivoire depuis seulement le 19 septembre 2002. Quand comprendront-ils enfin que les hommes politiques se servent d’eux pour assouvir leurs noirs desseins. Pourquoi les enfants des innocents doivent-ils toujours mourir impunément dans la rue pendant que ceux des soi-disant leaders font leurs études tranquillement dans les grandes capitales occidentales pour venir après occuper les meilleures places dans la hiérarchie sociale ? Ça me révolte que des Ivoiriens cassent et brûlent tout pour des gens qui se querellent en public et discutent paisiblement pour se partager des places dans le gouvernement ; à la Cei et quoi encore. Franchement, il est temps de mettre fin à cette hypocrisie qui tue et retarde l’avancement du pays. Pour être concert, je vous laisse apprécier de vous-même : face à la crise créée par l’affaire Beugré Mambé, le président Gbagbo dissout le gouvernement et la Cei. Il nomme à nouveau Soro Guillaume, Premier ministre pour former un nouveau gouvernement. Son opposition politique réunie au sein du Rhdp (les partis houphouétistes) rentre dans une noire colère et fait une déclaration dans laquelle elle ne reconnaît plus Gbagbo Laurent comme président de la République de Côte d’Ivoire et lance des actions de désobéissance civile. Mais pendant que leurs partisans mettent certaines villes à feu et à sang, exposant du même coup, leurs propres vies, les mêmes leaders du Rhdp rentrent en pourparler avec le Premier ministre nommé par le même Gbagbo qu’ils disent ne pas reconnaître pour rentrer dans son gouvernement et occuper une meilleure position. Même s’ils font du rétablissement de la cei dissoute, un cache-sexe pour mieux discuter la surenchère des places au gouvernement. Pendant que certains Ivoiriens se tuent dans les rues pour eux, la publication du nouveau gouvernement coince parce que le Rhdp veut certes une Cei à leur aise mais aussi plus de portefeuilles ministériels. Et puis, si les partis politiques doivent toujours continuer à imposer leur diktat, pourquoi a-t-on dissout le gouvernement ? Si c’est pour nous présenter ‘’un gouvernement de serpents, de scorpions et de crabes’’, comme dirait l’autre, pourquoi avons-nous perdu tout ce temps et créer autant de problèmes inutiles ? Des personnes tuées, des biens publics et privés saccagés et incendiés pour rien. Le climat politique est très tendu à nouveau. Entre-temps, au détour d’une petite rencontre à Ouagadougou avec le président burkinabé Blaise Compaoré, facilitateur dans la crise ivoirienne, on se rappelle subitement du dialogue qui n’aurait dû pas être rompu. « Pour le moment, cela n’est pas envisagé, étant donné que les consultations ont lei là-bas », a déclaré à l’AFP, le président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié, interrogé sur une participation de son parti et du Rdr de Alassane Ouattara au gouvernement. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, pour la formation du gouvernement, les discussions se poursuivent. Une réunion des principaux leaders politiques ivoiriens se tiendra certainement cette semaine sous les auspices du Cpc (Cadre permanent de concertation). L’essentiel c’est que cela aboutisse à un accord presque parfait pour l’organisation enfin des élections de sortie de crise.




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